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IST : La gonorrhée défie les antibiotiques

Actualité publiée il y a 10 années 3 mois 1 semaine
19e Conférence biennale de la Société internationale pour la recherche sur les maladies sexuellement transmissibles et CDC

La gonorrhée (ou chaude-pisse) est une infection sexuellement transmissible de plus en plus résistante aux antibiotiques. Au moment même où des chercheurs suédois du Malmö University Hospital font état d’une souche de Neisseria gonorrhoeae résistante à l’ensemble des antibiotiques, à la 19e conférence de la Société internationale pour la recherche sur les maladies sexuellement transmissibles (MST) à Québec, les Centers for Disease Control américains (CDC) publient un état des lieux alarmant sur le développement de cette antibiorésistance.

Neisseria gonorrhoeae est une cause majeure de maladie inflammatoire pelvienne, de grossesse extra-utérine et de stérilité et peut faciliter l'immunodéficience humaine (VIH). L'émergence de la résistance des gonocoques à la pénicilline et la tétracycline survenue pendant les années 1970, s'est répandue au cours des années 1980. Plus récemment, la résistance aux fluoroquinolones s'est développée. Cette résistance a été documentée première fois en Asie, puis a émergé aux Etats-Unis à Hawaï chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) et uis les hétérosexuels, puis dans d'autres États chez les hétérosexuels.


Cette émergence de la résistance avait conduit les CDC américains, de cesser de recommander les fluoroquinolones pour le traitement de la gonorrhée. Aujourd'hui, aux Etats-Unis, les CDC recommandent désormais une double thérapie pour la gonorrhée: une céphalosporine (ceftriaxone) associée à une azithromycine ou la doxycycline.

Durant cette période, le pourcentage d'isolats présentant un taux élevé de concentrations minimales inhibitrices (plus faible concentration d'antibiotique qui inhibe la croissance visible de la bactérie) révélatrices de la sensibilité de la bactérie aux antibiotiques (CMI), aux céphalosporines a augmenté de 0,2% en 2000 à 1,4% en 2010 pour les céphalosporines. Bien que restant toujours un traitement généralement efficace pour les infections à gonocoques, les professionnels de santé ont reçu de la part des autorités sanitaires américaines des instructions de vigilance en cas de non traitement et doivent signaler les cas d'antibiorésistance.

2010, dans la région occidentale des US, ce même pourcentage est passé de 0% à 3,3% en particulier à Hawaii et en Californie. Mais cette baisse de sensibilité aux antibiotiques a été observée partout aux Etats-Unis, expliquent les CDC. Particulièrement au sein des groupes des HSH. Ainsi en 2009 - 2010, 0,11% des 11.323 isolats étudiés présentaient une sensibilité moindre vs 0,02% des 41.462 isolats étudiés de 2000 à 2006.

il n'y a pas d'autre option thérapeutique.

En plus d'un traitement efficace, la détection rapide des résistances gonococciques est essentiel. Les cliniciens doivent donc demeurer vigilants sur les échecs thérapeutiques. "C'est une découverte à la fois alarmante et prévisible", conclut l'auteur principal, Magnus Unemo.