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OBÉSITÉ infantile: Ne lui dites jamais qu'elle est grosse!

Actualité publiée il y a 5 années 4 mois 1 semaine
JAMA Pediatrics

Stigmatiser peut décourager tout effort « anti-obésité », rappelle, s’il le fallait, cette étude californienne (UCLA). Ses conclusions, publiées dans le Jama Pediatrics, qui semblent de bon sens, montrent que la stigmatisation va même favoriser, chez les jeunes filles, le développement de l’obésité. A 10 ans, « être traitée de grosse » par un parent ou un camarade, c’est un risque accru de 66% d’être obèse à 19 ans.

Pour les psychologues de l'UCLA, le défi de la perte de poids se résume déjà ainsi : « Essayer de mincir, c'est comme essayer de grandir ». Mais, si, en plus, l'entourage a recours à un langage dur ou à des représentations stéréotypées du surpoids, ce comportement annihile tout effort de prévention du surpoids ou de promotion d'un poids de santé. Un tel comportement, face à une jeune fille atteinte d'obésité est donc peu probable de favoriser, chez elle, une perte de poids. Et la stigmatisation commence quand on est étiqueté comme trop gros par les autres.


L'étude a porté sur 1.213 jeunes filles afro-américaines et 1.166 filles blanches dont 58% avaient été informées qu'elles étaient « trop grosses » à 10 ans. Leur IMC a été calculé au début de l'étude puis 9 années plus tard.

Les jeunes filles informées de leur surpoids présentent, ces quelques années plus tard, un risque accru de 66% vs les autres filles d'être obèse à 19 ans.

Encore plus fort, l'étude suggère que plus la stigmatisation est sévère (soit le nombre de fois où le surpoids a été exprimé), plus le risque d'obésité est élevé. Ces conclusions subsistent même après ajustement avec les facteurs de confusion possibles.

L'étiquette « trop grosse » colle à la peau, près d'une décennie plus tard, commente Janet A. Tomiyama, un professeur de psychologie à l'UCLA et auteur principal de l'étude. Etre victime de cette stigmatisation et l'anticiper encore, augmente le stress et induit une suralimentation.

Des conclusions qui plaident pour des recommandations positives : Mettre l'accent sur une saine alimentation, la remise en forme ou la pratique de l'exercice plutôt que sur l'obsession de la perte de poids avec toutes ses formes de stigmatisation implicites. Quand on est mal dans sa peau, on mange, on n'est pas motivé pour la pratique de l'exercice.

Mais l'étude ne se termine pas là, ses participantes ont aujourd'hui la trentaine, elles ont eu des enfants et évolué dans différentes classes socio-économiques. L'équipe prépare donc un nouveau bilan, 20 ans après, des effets de la stigmatisation.

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