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PSYCHO: Avoir peur nous rend-il meilleur?

Actualité publiée il y a 5 années 2 mois 1 semaine
Journal of Personality and Social Psychology

Faudrait-il se sentir tout petit pour devenir plus gentil ? Le sentiment de crainte ou d’appréhension, ou d'être minuscule face à quelque chose qui vous dépasse, sert en fait une fonction sociale essentielle : En déplaçant l’intérêt mis sur son soi individuel vers plus grand que soi, en réduisant notre moi à plus petit que l’autre, la crainte encourage un comportement coopératif et altruiste. C'est la démonstration de cette étude californienne, publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology.

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Paul Piff, professeur de psychologie à l'Université de Californie, Irvine, auteur principal de l'étude, décrit ce sentiment très particulier, désigné par le mot « awe » en anglais –et sans équivalent en français, à mi-chemin entre la peur et l'émerveillement, ressenti en présence qui transcende notre compréhension du monde. Une réponse émotionnelle qui peut être induite par la nature, l'art et la musique ou encore la religion.


L'équipe a approché les effets de cette forme de crainte à travers 5 études, portant au total sur 2.078 participants.

· La première étude menée sur plus de 1.500 participants a mesuré par questionnaire leur propension à éprouver ce type de crainte puis les a invités à partager, ou pas 10 billets de tombola. L'analyse montre une association significative entre la tendance à éprouver ce sentiment de crainte et à se montrer plus généreux.

· Dans les 4 autres expériences, réunissant chacune 75 à 254 personnes, les participants étaient invités à participer à une activité (regarder une vidéo par exemple) conçue pour susciter la crainte. Cette première activité était suivie d'une autre tâche destinée à évaluer les tendances ou comportements pro-sociaux. Chaque expérience montre une association significative entre la crainte et le comportement pro-social :

- La seconde expérience montre qu'induire cette crainte chez les participants, les incite à prendre des décisions plus socialement éthiques,

- Dans la troisième, la crainte motive à nouveau la générosité et le partage,

- Dans la 4è et la 5è, la crainte s'avère associée aussi à des comportements pro-sociaux.

La crainte induit le sentiment d'être « réduit à peu de choses » en présence de plus grand que soi, expliquent les auteurs. C'est cette réduction du moi qui déplace la concentration de l'individu de son intérêt personnel « vers le plus grand bien », écrivent les auteurs. La crainte est donc bien un outil social qui peut contribuer à réduire à la fois le nombrilisme et l'égocentrisme, et à se replacer dans un contexte social plus large en adoptant une préoccupation plus collective. « Lorsque vous « rencontrez » la crainte, vous ne pouvez plus vous prendre pour le centre du monde ».

Quels que soient les facteurs qui déclenchent la crainte, (et dans ces expériences, visions de tornades, de volcans, ou gouttes d'eau colorée tombant au ralenti), le résultat est le même, un comportement significativement plus pro-social. La crainte pourrait même inciter à s'investir dans le bénévolat, à faire œuvre de charité et à aider plus nos proches, explique l'auteur dans son communiqué. Mais de là à induire un sentiment de crainte pour favoriser un comportement social altruiste, utile et positif …

Source: Journal of Personality and Social Psychology May, 2015, doi: 10.1037/pspi0000018 Awe, the Small Self, and Prosocial Behavior
Lire aussi: L'OCYTOCINE, de l'amour à la peur, l'hormone des émotions fortes-

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