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SIDA: Un anticorps artificiel piège le VIH via ses deux récepteurs

Actualité publiée il y a 5 années 5 mois 4 semaines
Nature et Science

Une protéine artificielle, donc fabriquée en laboratoire, agoniste d’un de nos anticorps, pourrait avoir plus d’efficacité que notre propre système immunitaire. Un principe qui semble en tous cas fonctionner chez le singe et contre le VIH. Une prouesse et une promesse inespérées alors que depuis 30 ans, de multiples équipes de recherche peinent à déterminer quelle serait la meilleure réponse immunitaire pour contrer le virus et donc servir de base à un vaccin anti-VIH. Ici la molécule artificielle parvient à gruger le virus au point qu'il se retrouve piégé par ses propres récepteurs. Conclusions dans les revues Nature et Science.

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L'équipe de recherche du Scripps, menée par l'immunologiste Michael Farzan démontre ici, sur le singe fortement exposé, par injection de fortes doses de virus que cette molécule de laboratoire a plus d'efficacité protectrice que tout le système immunitaire. Car la molécule parvient à préserver les singes de l'infection à VIH.


C'est une toute nouvelle stratégie, soit la « construction » d'une molécule artificielle, qui a permis à ces 34 chercheurs d'aboutir à ces résultats prometteurs. Le VIH infecte les globules blancs en se liant de manière séquentielle à 2 récepteurs de surface. Une protéine de surface du VIH, gp120 s'arrime d'abord au récepteur CD4 de la cellule. Cette liaison twiste gp120 de manière à exposer un autre site du virus qui peut alors se fixer au second récepteur cellulaire, CCR5. La nouvelle molécule, eCD4-Ig, comporte un bout de récepteur CD4, un bout de récepteur CCR5 reliés à un anticorps. En théorie, le VIH va venir se plugger sur eCD4-Ig, comme si c'était une cellule et se retrouve ainsi neutralisé.

eCD4-Ig s'avère, en laboratoire, plus efficace que tous les anticorps naturels. Pour tester la molécule chez l'animal, les chercheurs ont inséré un gène codant pour eCD4-Ig dans un virus (adéno-associé (AAV) inoffensif pour les humains) et infecté 4 singes avec le virus. Le virus incite les cellules du singe à produire de grades quantités d'eCD4-Ig. Lorsque les chercheurs exposent ces singes vs 4 contrôles à des doses de plus en plus élevées de virus et sur une durée de 34 semaines, aucun des animaux ayant reçu eCD4-Ig n'est infecté, à 40 semaines, par le virus. En revanche, tous les animaux témoins le sont. De plus, les singes ne présentent aucune réponse immunitaire détectable contre eCD4-Ig, sans doute en raison de sa similitude avec leurs anticorps naturels.

C'est évidemment l'espoir d'une approche prometteuse par thérapie génique, mais avec un anticorps artificiel. Il reste à transformer l'essai chez l'Homme, car des anticorps artificiels pourraient aussi entraîner des effets inattendus lors d'essais humains.

Source:

Nature 18 February 2015 doi:10.1038/nature14264 AAV-expressed eCD4-Ig provides durable protection from multiple SHIV challenges

Nature 18 February 2015 doi:10.1038/nature14205 HIV: Tied down by its own receptor

Science 18 February 2015 DOI: 10.1126/science.aaa7876 Stopping HIV with an artificial protein (Visuel Nature)

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