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TROUBLES du COMPORTEMENT: Le poids épigénétique d'une histoire prénatale difficile

Actualité publiée il y a 6 années 2 mois 1 semaine
PLoS ONE

Un comportement agressif chronique chez les garçons pourrait être lié à des facteurs épigénétiques associés à l’environnement prénatal durant la grossesse et la petite enfance selon ces 2 études menées à l'Université de Montréal et à l'Université McGill, publiées dans la revue PLoS ONE.

Des études menées sur l'animal ont déjà suggéré qu'un environnement pré et postnatal hostile a un impact sur la méthylation des gènes et l'expression génétique conduisant à des troubles de développement du cerveau, dont sur le contrôle de l'agressivité.


· La première étude constate que chez les hommes à comportement agressif chronique durant l'enfance et l'adolescence, soit de 6 à 15 ans, les taux sanguins de 4 biomarqueurs de l'inflammation sont plus faibles que chez les hommes « normalement » agressifs dans leur jeunesse. Ces cytokines permettent de distinguer les hommes adultes ayant des antécédents d'agression physique chronique.

· La seconde étude montre chez des hommes au passé agressif, que l'ADN codant pour des cytokines présente des profils de méthylation différents de ceux du groupe témoins. La méthylation étant le principal processus de modification épigénétique –réversible- de l'ADN qui va entraîner une modification dans l'expression de certains gènes.

L'environnement pré et postnatal pourrait être responsable de ces différences dans les biomarqueurs associés à l'agressivité chronique. Les travaux antérieurs de l'équipe suggèrent que les hommes ayant passé agressifs ont une histoire commune, ils sont souvent nés de jeunes mères, à faible niveau d'éducation, souffrant de problèmes de santé mentale et de toxicomanie. Ainsi, dans les familles défavorisées, la prévalence de troubles de l'agressivité chez les garçons atteint 4%. Les difficultés rencontrées par leurs mères expérimentées pendant la grossesse et leur petite enfance pourraient avoir cet impact sur ​​l'expression des gènes liés au développement du cerveau, au système immunitaire, autres systèmes biologiques critiques. Si les chercheurs venaient à confirmer l'impact de ces facteurs liés à la grossesse et la petite enfance, il serait possible de réduire la violence par une intervention précoce, dès la grossesse.

Après avoir constaté également avec ces études, une association entre la criminalité parentale et le comportement des enfants, l'équipe étudie aujourd'hui l'impact du milieu socio-économique sur la 3ème génération.

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