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CANCER du PANCRÉAS : 3 mutations prédictives d'un meilleur temps de survie

Actualité publiée il y a 10 années 10 mois 1 semaine
Science

Des scientifiques du fameux Johns Hopkins Institute ont déchiffré le code génétique d'un type de cancer du pancréas, appelées tumeurs endocrines du pancréas. Leur recherche, présentée dans l’édition en ligne de la revue Science du 20 janvier, montre que les patients dont les tumeurs présentent des mutations dans trois gènes (MEN-1, DAXX et ATRX) ont en moyenne un temps de survie de 10 ans après diagnostic, soit deux fois plus élevé que les patients qui ne présentent pas ces mutations. Leur découverte va également dans le sens d’un traitement personnalisé des cancers.

Ces tumeurs sont beaucoup moins fréquentes que les tumeurs non endocrines et représentent environ 5% de tous les cancers du pancréas. Certaines de ces tumeurs produisent des hormones qui ont des effets notables sur le corps, y compris des variations des niveaux de sucre dans le sang (insulinomes), la prise de poids, et des éruptions cutanées (glucagonomes) tandis que d'autres n'ont pas cette hormone "signal" et progressent silencieusement dans le pancréas. Bien que la majorité des tumeurs endocrines du pancréas soient bénignes, il est extrêmement difficile de prédire l'évolution de ces tumeurs.


«Chaque patient présentant ce type de cancer rare a un code génétique unique qui conditionne le degré d'agressivité de la maladie et sa sensibilité à des traitements spécifiques», explique le Pr. Nickolas Papadopoulos, professeur agrégé à l'Université Johns Hopkins et directeur du département de génétique translationnelle. "En fait, il peut être plus utile de classer les cancers selon le type de gène plutôt que par organe ou type de cellules."

L'équipe a étudié des tumeurs pancréatiques neuroendocrines non hormonales chez 68 hommes et femmes. Dans la première série d'expériences, les scientifiques ont séquencé presque tous les gènes codant des protéines dans 10 des 68 échantillons de tumeurs endocrines du pancréas et comparé ces séquences avec l'ADN normal de chaque patient pour identifier les changements spécifiques de la tumeur ou les mutations. Dans une autre série d'expériences, les enquêteurs ont analysé les 58 autres tumeurs endocrines du pancréas pour déterminer la fréquence de ces mutations génétiques.

Résultats :

· Les patients dont les tumeurs présentaient des mutations dans trois gènes - MEN-1, DAXX et ATRX - ont vécu au moins 10 ans après le diagnostic, tandis que plus de 60% des patients dont les tumeurs n'avaient pas ces mutations sont morts dans les 5 ans suivant le diagnostic.

· La mutation la plus fréquente, dans le gène MEN-1, se produit dans plus de 44% des cas. MEN-1 avait déjà été lié à de nombreux cancers.

· Deux autres gènes mutés couramment, DAXX et ATRX, qui n'avaient jamais été liés au cancer, ont aussi des effets épigénétiques sur la façon dont l'ADN est lu. Des mutations dans DAXX et ATRX ont été trouvées dans respectivement 25% et 17,6% des échantillons de tumeur.

· 14% des échantillons étudiés contenaient des mutations dans un gène appelé mTOR, qui régule les processus de signalisation cellulaire. Le Pr. Papadopoulos suggère que les patients atteints de tumeurs contenant de telles mutations dans la voie mTOR pourraient être candidats à un traitement par inhibiteur de mTOR.

«C'est un nouvel exemple du potentiel de la thérapie personnalisée du cancer», expliquent les chercheurs : «Les patients qui sont les plus susceptibles de bénéficier d'un médicament peuvent être identifiés et traités, alors que les patients dont les tumeurs ne présentent pas ces mutations pourraient être épargnés par les effets secondaires de médicaments inefficaces pour leurs tumeurs."