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INSOMNIE: Plus d'activité cérébrale, plus de plasticité, plus d'excitabilité

Actualité publiée il y a 5 années 7 mois 3 semaines
Sleep

L’insomnie n’est pas un trouble exclusivement nocturne mais une affection 24 heures sur 24, caractérisée par une activité quasi-continue du cortex moteur, révèle cette étude de la Johns Hopkins Medicine. Ces travaux, publiés dans l’édition de mars de la revue Sleep, identifient, pour la première fois, des différences du cerveau liées à l'insomnie et un traitement prometteur, la stimulation magnétique transcrânienne.


En particulier, liée à cette activité renforcée, une augmentation de la plasticité du cerveau dans le cortex moteur, la zone du cerveau qui contrôle les mouvements, distinguerait ces mauvais dormeurs des bons.

Le Dr Rachel E. Salas, professeur adjoint de neurologie à l'Université Johns Hopkins et ses collègues du Département psychiatrie ont mené cette étude chez 28 participants adultes qui souffraient d'insomnie depuis un an ou plus et chez 10 témoins bons dormeurs. Chaque participant a été équipé, sur le pouce, avec des électrodes et un accéléromètre pour mesurer la vitesse et la direction du pouce. Les chercheurs ont ensuite donné à chaque participant 65 impulsions électriques utilisant la stimulation magnétique transcrânienne (TMS) pour stimuler les zones du cortex moteur et regarder les mouvements involontaires du pouce liés à la stimulation. Ensuite, les chercheurs ont formé chaque participant pendant 30 minutes à déplacer leur pouce dans la direction opposée du mouvement involontaire d'origine. Puis les participants ont subi à nouveau des impulsions électriques par TMS.

L'idée était de mesurer à quel point le cerveau des participants pourrait apprendre à déplacer le pouce dans la nouvelle direction, ce qui est une mesure de la plasticité cérébrale.

L'expérience constate que,

· le cortex moteur de participants atteints d'insomnie chronique est plus adaptable aux changements que chez le groupe de témoins bons dormeurs,

· que l'excitabilité entre les neurones de cette même zone est plus élevée, en cas d'insomnie chronique, ce qui suggère à nouveau que les insomniaques sont dans un état constant de traitement de l'information, cet état venant interférer avec le sommeil.

On ne peut cependant considérer l'insomnie comme bénéfique puisqu'elle entraîne une diminution de la mémoire et de la concentration pendant la journée mais elle apparaît ici également associée à beaucoup plus de plasticité cérébrale. On ne sait encore, écrivent les auteurs, si cette plasticité accrue est bénéfique ou juste un mode de compensation de la privation de sommeil. Elle pourrait être également favorisée par l'augmentation du métabolisme et des niveaux de cortisol déjà constatée avec l'insomnie.

Quoiqu'il en soit, il est une conséquence clinique à cette étude, la TMS pourrait contribuer à diagnostiquer l'insomnie et probablement la traiter en réduisant cette excitabilité neuronale.

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