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LEVOTHYROX: L'Académie de médecine appelle à une substitution mieux encadrée

Actualité publiée il y a 5 années 3 mois 3 semaines
Académie nationale de Médecine

La substitution au lévothyrox doit être encadrée, appelle l’Académie nationale de Médecine dans son communiqué du 19 août. Alors que face à des difficultés d'approvisionnement qui pourraient se poursuivre encore pendant quelques mois, l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a décidé d'autoriser "à titre dérogatoire et temporaire" les pharmaciens à remplacer le lévothyrox par un médicament similaire, l’Eutirox®, l’Académie juge les préconisations de l'ANSM insuffisantes.

Car la substitution du Lévothyrox est autorisée même si la mention "non substituable" figure sur l'ordonnance du patient. Or, tout en reconnaissant que la substitution peut entraîner "un déséquilibre transitoire" (diminution ou augmentation) des taux d'hormones thyroïdiennes, l'ANSM conseille seulement aux patients de consulter leur médecin traitant dans les 3 à 6 semaines suivant la délivrance du produit pour qu'il "s'assure du maintien de l'équilibre thérapeutique".


Cependant,

· le Lévothyrox est un médicament à marge thérapeutique étroite et que dans certaines indications, un surdosage ou un sous-dosage peut avoir des conséquences graves, notamment chez les femmes enceintes hypothyroïdiennes, les patient(e)s thyroïdectomisé(e)s pour cause de cancer thyroïdien, les patient(e)s souffrant de maladies cardiaques telles qu'une insuffisance cardiaque ou coronaire ; dans ces cas, un délai de 6 semaines avant équilibration d'un traitement inadapté peut être dommageable, tout particulièrement au cours du premier trimestre de la grossesse, période pendant t laquelle une consultation rapide est indispensable ;

· si de nombreux généralistes et endocrinologues prescrivent systématiquement le Lévothyrox sous la mention « non substituable », c'est que des éléments concordants les y incitent, dans l'intérêt de leurs patients.

Des données déjà soulignées par l'Académie de Médecine dans son rapport « Place des génériques dans la prescription » *.

C'est pourquoi, afin de ne pas mettre les prescripteurs et les pharmaciens face à un problème insoluble engageant parfois une lourde responsabilité, l'Académie nationale de médecine recommande que soient publiées les teneurs en principe actif (L-thyroxine) du Lévothyrox, de ses génériques et de l'Eutirox, afin d'ajuster la posologie au mieux et le plus tôt possible en cas de substitution rendue incontournable par la pénurie du princeps.

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