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PHTALATES, PARABÈNES et ALKYLPHÉNOLS: L'Assemblée Nationale interdit

Actualité publiée il y a 8 années 9 mois 2 jours
Proposition de loi d'Yvan Lachaud

Pour ces trois types de composants, ce ne sont pas les doses présentes dans les produits qui peuvent être nuisibles mais leur accumulation dans l’organisme. Réduire l’exposition de la population à ces molécules, au nom du principe de précaution, dès aujourd’hui revient donc à interdire les phtalates, les parabènes et les alkylphénols dans l’attente de prochaines données scientifiques. C’est ce qu’ont tranché les députés, le 3 mmai dernier, en adoptant par 236 voix "pour" et 222 voix "contre", la proposition de loi d'Yvan Lachaud.

On trouve les phtalates dans une large gamme de produits industriels, ménagers et de consommation, des produits pharmaceutiques et de beauté comme dans des vernis à ongles, des désodorisants, des laques pour cheveux, des savons, des shampooings, des parfums, des crèmes cosmétiques, des biberons...idem pour les parabènes largement utilisés dans plus de 80 % des cosmétiques (shampooings, crèmes, mousses à raser…) mais aussi dans l'alimentation et les médicaments. Quant aux alkylphénols ils sont généralement utilisés comme agents émulsifiants dans les cosmétiques.


Perturbateurs endocriniens, causes de cancers du sein, atteintes à l'ADN, ces 3 molécules ont déjà été mises en accusation par de nombreuses études, contestées par les Industriels, telle que la méta-analyse de l'Inserm, sollicité par le Ministère de la Santé, des données disponibles sur leurs effets sur la reproduction, qui publiait le 20 avril un tableau récapitulatif sur ces familles de substances particulièrement préoccupantes.

Les députés viennent donc d'interdire, en première lecture, la fabrication, l'importation, la vente ou l'offre de produits contenant des phtalates, des parabènes ou des alkylphénols.

Des produits de substitution existent déjà pour les parabènes comme les conservateurs naturels, utilisés notamment dans les cosmétiques « bio ». Mais cette proposition de Loi n'ira pas sans poser de problèmes aux industriels et entraîner des coûts en particulier à la filière plastique. Il n'est pas impossible qu'elle puisse également en poser également aux usagers, les matériaux de substitution pouvant se révéler ensuite encore plus dangereux.

L'exemple du BPA : On peut néanmoins citer le cas du Bisphénol A pour lequel en Europe, l'interdiction pourrait porter rapidement sur tous les emballages alimentaires. Les effets néfastes ont été soulevés dès 2008 au Canada et aux Etats-Unis. Précédant la nouvelle règlementation, les fabricants de biberons se sont empressés de développer des matériaux de substitution, comme le polypropylène, faisant de l'absence de BPA dans leurs dispositifs, un argument marketing et commercial de premier ordre. Des symboles ont été mis en place pour indiquer au consommateur que ces produits sont désormais fabriqués sans BPA. Ainsi des industriels aussi importants que Medela, Avent, Disney First Years, Gerber, Dr. Brown, Plaxtex et Evenflow ont désormais banni le BPA de leurs dispositifs.