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THÉRAPEUTIQUE: Les médecins font-ils les mêmes choix pour eux-mêmes?

Actualité publiée il y a 11 années 2 mois 3 semaines
Archives of Internal Medicine

Il semble que non, selon cette étude publiée dans l’édition du 11 avril des Archives of Internal Medicine, une des revues du JAMA. Car le fait de faire une recommandation au patient va modifier le choix thérapeutique du médecin. En l’occurrence les options thérapeutiques pour eux-mêmes et pour leurs patients sont signicativement différentes, selon les 2 scénarii de cette enquête. Des conclusions qui confirment que dans certaines circonstances, les émotions interfèrent avec une prise de décision optimale.

«Les patients doivent parfois prendre des décisions difficiles et demander l'avis du médecin», écrivent les auteurs. "Toutefois, on ignore comment les décisions des médecins peuvent être influencées par la responsabilité de faire une recommandation."


Le Dr. Peter A. Ubel, de la Duke University Duke (Durham, NC) et ses collègues ont donc réuni deux échantillons de médecins américains, et présenté à chaque médecin un des deux scenarii clinique suivants:

Premier scenario: 500 médecins ont été invités à imaginer qu'eux-mêmes ou l'un de leurs patients venait de recevoir un diagnostic de cancer du côlon. Les deux interventions chirurgicales possibles aboutissaient à la guérison du cancer du côlon dans 80% des cas, mais la première intervention chirurgicale était à risque de décès plus élevé et à risque d'effets indésirables moins élevé, tandis que la seconde intervention était à risque de décès moins élevé mais à risque d'effets indésirables plus élevé.

· Quand le diagnostic de cancer les concerne, 37,8% des médecins choisissent l'intervention chirurgicale avec un risque plus élevé de décès mais moins d'effets indésirables,

· Quand le diagnostic concerne un patient, seuls 24,5% des médecins choisissent cette option.

Second scenario: 1.600 médecins ont été priés d'imaginer qu'une nouvelle souche de la grippe aviaire se propageait. Le traitement disponible par immunoglobulines, et sans lequel les personnes infectées avaient un taux de mortalité de 10% et un taux d'hospitalisation de 30%, permettait de réduire le taux d'événements indésirables de moitié, mais provoquait également décès de 1% des patients et la paralysie permanente de 4% des patients.

· 62,9% des médecins ont choisi de renoncer au traitement en cas d'infection,

· Seuls 48,5% des médecins recommandent à leurs patients de renoncer au traitement.

"En conclusion, lorsque les médecins font des recommandations de traitement, ils pensent différemment lorsqu'ils prennent des décisions pour eux-mêmes», concluent les auteurs." Dans certaines circonstances, les émotions interfèrent avec une prise de décision optimale. L'acte même de faire une recommandation à autrui change la façon dont les médecins pèsent les alternatives thérapeutiques. "