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VIH-SIDA: Un gel microbicide rectal prouve son efficacité

Actualité publiée il y a 9 années 11 mois 3 semaines
PloS ONE

Ce gel microbicide topique rectal, connu sous le nom de UC781, contenant un puissant médicament anti-VIH vient de prouver son efficacité à réduire considérablement l'infection. Appliqué sur des tissus rectaux exposés ensuite au VIH, le gel a permis une réduction "consistante" (consistent) du risque d’infection. Cette étude réalisée par l’Université de Californie (UCLA) et publiée dans l’édition en ligne de novembre de la revue PLoS ONE, montre également –et c’est primordial- que ce gel est bien accepté par les utilisateurs.

Ce sont les premiers essais de phase 1 du UC781 un antirétroviral inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse (INNTI) en prévention du VIH par transmission rectale. C'est aussi une toute nouvelle approche pour obtenir des données sur le potentiel du médicament pour la prévention de l'infection, dans les conditions de la vie réelle lors de l'exposition sexuelle. Enfin, cette étude contribue au développement d'une stratégie de prévention de la transmission du VIH lors des rapports sexuels anaux.


Non seulement les rapports anaux « réceptifs » sont reconnus comme une voie importante de nouvelles infections à VIH chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) mais plus de femmes que d'hommes ont des relations sexuelles anales. Le risque d'infection par le VIH, par rapport sexuel, est de 20 à 2.000 fois plus élevé en cas de sexe anal réceptif que de sexe vaginal réceptif et, a fortiori, en cas d'autres infections, comme l'herpès, la gonorrhée ou l'infection à chlamydia, précise l'auteur principal de l'étude, Le Dr Peter Anton, professeur de médecine à l'UCLA.

Jusqu'à présent, les essais cliniques de microbicides avaient porté sur la transmission par voie vaginale. Ces essais, ont d'ailleurs obtenu de bons résultats l'année dernière, après dix ans de déception. Dans cet essai, les chercheurs ont testé, sur 36 sujets masculins et féminins non infectés, une formulation du gel créée au départ pour un usage vaginal. Les chercheurs ont recueilli des échantillons de sang et de tissus rectaux, avant que les participants ne soient randomisés pour recevoir soit un placebo soit l'une des deux concentrations en UC781. L'équipe a recueilli de nouveaux échantillons 30 minutes plus tard pour l'analyse. Après deux à trois semaines, les participants ont repris la deuxième partie de l'essai en appliquant soit le gel soit le placebo une fois par jour pendant 7 jours « à la maison ».

Or la capacité du gel à réduire, de manière significative l'infection au VIH, est surprenante, explique Peter Anton, même si la phase 1 des essais cliniques porte principalement sur la sécurité. «Ces tests nous ont permis d'évaluer, de façon indirecte, si ce médicament et son mode d'application pourraient réduire la transmission du VIH. Les résultats sont impressionnants, nous constatons des preuves substantielles de réduction de suppression de transmission et cette approche reflète la volonté des participants, dédiés à ces premiers essais, de nous aider à évaluer le potentiel d'un médicament dès les premières étapes de son développement."

Bien que le microbicide utilisé dans cet essai ait été formulé pour une utilisation vaginale, la même équipe de chercheurs a également développé un gel microbicide rectal spécifique, qui sera testé par un nouvel essai clinique en Janvier 2012.

Source: PLoS ONE 28 sept. 11 e23243 doi: 10371 « First Phase 1 Double-Blind, Placebo-Controlled, Randomized Rectal Microbicide Trial Using UC781 Gel with a Novel Index of Ex Vivo Efficacy” et UCLA

Lire aussi: SIDA : Un gel microbicide peut-il protéger contre l'infection à VIH ? -

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