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ANTENNES RELAIS: L'Académie de Médecine évoque l'instrumentalisation et l'amalgame

Actualité publiée il y a 5 années 11 mois 1 semaine
Académie Nationale de Médecine

Alors qu’une proposition de Loi relative à la régulation de l’installation des antennes relais de téléphonie mobile est sur le bureau de l'Assemblée nationale, l’Académie de Médecine alerte sur le « flou scientifique et réglementaire » de ses fondements et parle «d’instrumentalisation » de nature à renforcer un sentiment de peur et de défiance injustifié dans l’opinion publique. Point sur les principales preuves scientifiques invoquées par l’Académie. Bref, une initiative qui, selon l’Académie est préjudiciable en termes de santé publique.

L'Académie déclare adhérer au principe d'un débat public élargi et de la transparence dans la décision en santé publique élargie aux questions environnementales mais appelle à une prise en compte objective des données d'études scientifiques disponibles sur le sujet. L'Académie rappelle ainsi ses récentes mises au point et précise les éléments suivants :


Les antennes-relais n'ont pas été directement classées en « possiblement cancérigène » (2B) par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), au contraire des mobiles. Pour cause, des niveaux d'émission très différents. En effet, les antennes de téléphonie mobile entraînent une exposition aux champs électromagnétiques 100 à 100.000 fois plus faible que les téléphones portables.

24 H d'exposition à une antenne relais = 30 seconde de communication par mobile : Etre exposé pendant 24 heures à une antenne à 1 volt par mètre donne la même exposition de la tête que de téléphoner avec un portable pendant 30 secondes. On ne connaît aucun mécanisme par lequel les champs électromagnétiques dans cette gamme d'énergie et de fréquence pourraient avoir un effet négatif sur la santé.

L'Académie rappelle le rapport de l'Afsset (Agence Française de Sécurité Sanitaire Environnementale et au Travail) sur les radiofréquences, d'octobre 2009 et ses principales conclusions :

- les mécanismes biologiques sous l'effet des radiofréquences n'ont pas été confirmés :

- les champs électromagnétiques utilisés en téléphonie mobile ne génèrent pas de radicaux libres de l'oxygène et ne potentialisent pas le stress oxydant,

- ils ne sont ni génotoxiques, ni co-génotoxiques, ni mutagènes,

- l'effet inducteur non thermique des radiofréquences sur l'apoptose (mort) cellulaire, en particulier pour les cellules d'origine cérébrale n'a pas été démontré,

- ils n'ont pas d'effet cancérogène ou co-cancérogène,

- ils n'ont pas d'effet délétère sur les cellules du système immunitaire,

- les travaux convergent vers une absence d'effet sur la barrière hématoencéphalique pour des niveaux d'exposition (DAS) allant jusqu'à 6 W/kg,

- ils ne modifient pas la sécrétion de mélatonine,

- ils ne provoquent pas d'augmentation d'incidence ou l'aggravation de cancers expérimentaux dans

- les conditions testées,

- à ce jour, aucun mécanisme d'interaction onde-cellule n'a été identifié,

- aucune preuve n'existe à ce jour que l'utilisation régulière de téléphone mobile augmente le développement de cellules cancéreuses ou pré-cancéreuses et n'augmente ainsi, du fait de ce

- mécanisme de « promotion », le risque de tumeur intracrânienne,

- les antennes-relais n'émettent pas de basses fréquences.

Ce rapport conclut sur l'absence de preuve convaincante d'un effet biologique particulier des radiofréquences n'est apportée pour des niveaux d'exposition non thermiques, dans les conditions expérimentales testées.

L'Académie réaffirme également l'absence de preuve concernant une électrohypersensibilité du système sensoriel humain aux champs électromagnétiques utilisés par la téléphonie mobile et ne reconnaît aucune justification à la demande d'abaisser les valeurs limites à 0,6 V/m.

En conclusion, seul le principe de précaution pourrait justifier ces points du Projet de Loi. Mais n'est-ce pas suffisant ?

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