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BIOFILMS: Une nouvelle technique pour leur couper l'herbe sous le pied

Actualité publiée il y a 3 années 11 mois 2 semaines
Applied and Environmental Microbiology

Les antibiotiques sont impuissants contre le biofilm. Ce « tapis » de bactéries qui envahit certaines plaies, les surfaces de cathéters ou les implants et prothèses médicales menace le succès du traitement et augmente considérablement le risque de complications et de décès. Ces chercheurs de l’Université de Göteborg montrent ici l’efficacité d’un activateur tissulaire du plasminogène à empêcher Staphylococcus aureus, la principale cause d'infections nosocomiales, de former ce biofilm. Ces conclusions présentées dans la revue Applied and Environmental Microbiology, suggèrent ainsi qu’il serait possible –et préférable- d’intervenir en prévention, avant la formation du biofilm.

L'équipe, dirigée par le Dr Tao Jin, professeur agrégé de rhumatologie à l'Université de Göteborg, avait découvert que S. aureus détourne le système de coagulation humain pour créer un échafaudage de micro-caillots qui va favoriser l'ancrage et le développement du biofilm. L'équipe fait donc ici l‘hypothèse qu'en induisant la dissolution de ces caillots, il est possible d'éviter la formation du biofilm.


Recouvrir la surface d'un implant, d'un cathéter, ou le lit de la plaie avec un composé activateur tissulaire du plasminogène (tPA : tissue plasminogen activator), va entraîner l'activation du plasminogène et donc la dissolution du caillot de protéines. S. aureus est alors privé de son échafaudage pour former son biofilm. L'expérience en laboratoire sur des lignées cellulaires et sur l'animal confirme que le principe fonctionne, sur les cathéters.

Le paradigme est ici d'aller cibler non pas les bactéries, mais les processus ou réponses de l'organisme qui vont contribuer au développement de l'infection et du biofilm. En regard de l'incidence croissante des infections nosocomiales, de l'émergence constante des résistances bactériennes et de l'incidence également croissante des plaies chroniques, ou des poses d'implants et de prothèses, cette recherche marque une première étape précieuse dans le développement de molécules permettant de tuer le biofilm dans l'œuf.

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