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ÉPILEPSIE: Risque accru de crises confirmé avec le changement de médicament

Actualité publiée il y a 7 années 12 mois 18 heures
Agency for Healthcare Research and Quality (AHRQ)

Changer d’antiépileptique augmente le risque de crises, confirme cette étude de l’Université du Connecticut, soutenue par l’Agency for Healthcare Research and Quality (AHRQ) américaine, qui montre que, dans de nombreux cas, ce ne pas les médicaments eux-mêmes, mais leur commutation qui peut être la cause du problème. Les auteurs s’appuient ici sur les rapports de médecins et de patients épileptiques souffrant de crises après un changement de traitement.

Cette étude vient « contrer » l'Agence américaine, la Food and Drug Administration qui assure que les génériques des antiépileptiques ont le même dosage, la même efficacité et le même profil d'innocuité que leurs spécialités princeps et que les deux sont interchangeables. Notre Académie française de Médecine a récemment travaillé sur le sujet et précise bien, quant à elle, la difficulté de substitution des médicaments antiépileptiques à marge thérapeutique étroite, dont les valproates (Dépakine ®), l'acide valproïque, la lamotrigine (Lamictal ®).


Cette méta-analyse de 89 études différentes remontant à 1950, constate que l'efficacité, la tolérabilité et l'innocuité des médicaments antiépileptiques princeps et génériques sont pratiquement les mêmes, mais que pourtant, passer d'une forme à l'autre, peut entraîner plus d'hospitalisations.

Débuter un traitement n'est pas changer de traitement : « Si vous souffrez d'épilepsie et que vous « démarrez » sur un médicament antiépileptique, les données prouvent que prendre un princeps ou un générique n'a pas d'importance en termes d'efficacité. Mais si vous utilisez déjà une version du médicament (générique ou princeps), le changement peut entraîner un risque accru de crise», explique C. Michael White, professeur de pharmacie à l'Université du Connecticut.

Du consentement éclairé du patient : Trouver la bonne thérapie médicamenteuse est d'une importance vitale pour les personnes souffrant d'épilepsie. Un épileptique sans crises qui souffre d'une crise soudaine peut être gravement blessé. La gestion des crises est donc primordiale pour protéger la capacité des patients à accomplir normalement tous les actes de la vie quotidienne. D'ailleurs les auteurs expliquent que dans certains états des Etats-Unis, comme Hawaii, l'Illinois, le Tennessee et l'Utah, la législation interdit la substitution des antiépileptiques sans le consentement du patient. Pour certains patients atteints d'épilepsie, la commutation peut être une question de vie ou de mort, concluent les auteurs. En France ainsi, si le médecin n'a pas précisé la non-substitution, les pharmaciens peuvent substituer par un générique équivalent, sans en informer le patient ni le prescripteur. Certains patients pourraient ainsi changer de traitement sans s'en rendre vraiment compte, patient comme médecin ignorant alors un facteur essentiel de réapparition des crises. Tout cela pour des raisons d'approvisionnement du marché, de coûts etc…remarquent les auteurs.

Aux Etats-Unis, l'American Academy of Neurology- comme en France, l'a évoqué la Commission nationale de pharmacovigilance- a publié 2 documents de position informant des inquiétudes liées à la substitution dans les traitements de l'épilepsie. En matière de gestion de l'épilepsie, la substitution générique n'est pas recommandée, a fortiori pour les patients en rémission (de crises) sous médicament de marque.

Source: University of Connecticut via AAAS Switching antiepileptic drugs could increase risk of seizures (Visuels Gemme)

Lire aussi : GÉNÉRIQUES: Mieux les connaître pour mieux les prescrire, dit l'Académie de Médecine

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