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FIN de VIE: 10% des décisions restent non discutées avec le patient

Actualité publiée il y a 6 années 1 mois 5 jours
Ined

Au-delà des quelques cas de fin de vie médiatisés, les médecins et les équipes hospitalières accompagnent chaque jour la fin de vie de patients très malades ou âgés. L’enquête sur « La fin de vie en France », menée par l’Institut national d’études démographiques (Ined) permet de faire un état des lieux des pratiques cliniques. Car si 40 à 50 % des personnes concernées vivent encore à leur domicile un mois avant leur décès, 2 sur 3 meurent à l’hôpital. S’il en ressort une conformité majoritaire aux dispositions légales, encore 10% des fins de vie interviennent sans que la Loi soit totalement connue ou respectée.

L'enquête a porté sur un échantillon de 14.999 décès de personnes âgées de 18 ans et plus représentatif des décès survenus en France en décembre 2009. Les auteurs ont interrogé par questionnaire, pour chaque décès, le médecin ayant rempli le certificat de décès, sur les conditions de fin de vie du patient. 5.217 questionnaires ont été complétés, 4.891 décès ont été analysés.


L'analyse montre, qu'en France, près d'un décès sur 2 (48 % en 2010) est précédé d'une décision médicale ayant pu hâter la mort du patient, avec la délivrance de médicaments dans moins de 1 % des cas. Ainsi, dans 45%, les traitements n'ont pas été administrés dans l'intention de provoquer une accélération de la survenue du décès et restent en cela conformes à l'esprit de la loi et, le plus souvent, il s'agit de mieux prendre en charge la douleur. Un objectif inégalement poursuivi selon les pathologies, puisqu'il s'applique à 52% des patients atteints d'un cancer mais à seulement 21% de ceux souffrant d'une maladie cardiovasculaire et 24% d'une maladie de l'appareil respiratoire.

La base de ces prises de décisions médicales reste la loi Leonetti, du 22 avril 2005, relative aux droits des malades et à la fin de vie, qui reconnait le droit au médecin de suspendre ou de ne pas entreprendre des « traitements inutiles, disproportionnés, ou n'ayant d'autre objet que le maintien artificiel de la vie » et renforce l'autonomie et le droit du patient à l'accès aux soins palliatifs.

Seuls 3% des décès suivent un acte visant à mettre fin à la vie de la personne, soit par décision de limitation ou d'arrêt des traitements soit pour intensifier les traitements contre la douleur. Concernant l'arrêt des traitements, il concerne pour plus des deux tiers des personnes jugées par le médecin « en incapacité de participer à la décision ». Quand les personnes sont considérées comme en capacité, ce type de décision fait, dans près de 80 % des cas fait l'objet d'une discussion avec le patient.

Enfin d''autres décisions médicales de fin de vie sont prises soit dans l'objectif d'éviter le décès soit sans considérer que cela pourrait le précipiter.

La Loi n'est pas totalement connue ou respectée: Environ 10 % des arrêts de traitement, des intensifications du traitement de la douleur et des administrations de substances létales n'ont pas été discutés avec le patient, bien que celui-ci en ait été jugé apte, ce qui n'est pas conforme à la Loi. Dans 10 % des cas d'intensification du traitement de la douleur, et dans 2 cas d'administration d'une substance létale, le médecin déclare avoir pris la décision seul. Les décisions de fin de vie ne sont donc pas toujours discutées avec les patients et les équipes soignantes.

Cette étude pose ainsi la question de la connaissance de la loi et l'appropriation des directives anticipées par les patients mais aussi par les professionnels de santé.

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