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MORTINATALITÉ: Le risque est quadruplé pour les grossesses suivantes

Actualité publiée il y a 4 années 5 mois 2 semaines
BMJ

Les femmes qui vivent une première mortinaissance ont jusqu'à un quadruplement du risque de mortinatalité pour la grossesse suivante, révèle cette méta-analyse de l'Université d'Aberdeen (Écosse). Si les taux ont diminué dans la plupart des pays d’Europe, la mortinatalité reste un problème majeur de santé publique dans le monde, avec 2,6 millions de mortinaissances chaque année. De nouvelles données publiées dans le BMJ qui induisent 2 implications : La nécessité de soins supplémentaires et particuliers pour les grossesses suivant une mortinaissance et plus de recherche sur les causes de la mort de manière à mieux cibler les interventions.

Aucun fardeau n'est plus lourd pour les familles et pourtant il reste invisible dans la société, ont écrit des experts. En France, 1 enfant sur 110 naît sans vie (Source Drees 2013). Le taux de mortinatalité français est estimé à 8,9 ‰, en légère baisse depuis 2007 (9,3 ‰). La mortinatalité spontanée représente 60 % de ces décès et celle induite (IVG) 40 %. Dans le monde, un récent bilan publié dans le Lancet chiffre à 2,6 millions le nombre annuel de mortinaissances après 24 semaines de grossesse. Ainsi chaque jour, plus de 7.300 bébés viennent au monde morts-nés, dont 98% dans les pays à revenu faible. La mortinatalité reste enfin associée à la prématurité, car elle est d'autant plus élevée que la grossesse se termine précocement.


Les couples qui ont connu une mortinaissance ont besoin de comprendre et sont en droit de connaître le risque pour les grossesses futures, écrit Sohinee Bhattacharya de l'Université d'Aberdeen et auteur principal de l'étude. Son équipe a effectué un examen systématique et une méta-analyse pour examiner le lien entre la mortinatalité dans une première grossesse et le risque pour la grossesse suivante. A partir de la sélection de 13 études cohortes et 3 essais réalisés dans différents pays, portant au total sur 3.412.079 femmes, leur méta-analyse constate que :

· 99,3% des femmes participantes avaient eu une naissance vivante précédente,

· 0,7% des femmes avaient mis au monde un enfant mort-né lors d'une précédente grossesse,

· Une mortinaissance a suivi une précédente conception chez 2,5% des femmes ayant mis au monde un enfant mort-né lors de la précédente grossesse vs 0,4% chez les femmes sans antécédents.

L'analyse conclut ainsi qu'une mortinaissance lors d'une grossesse initiale entraine un risque presque quintuplé de mortinatalité lors de la deuxième grossesse.

Les facteurs de risque identifiés :

· l'âge de la mère,

· le tabagisme maternel,

· le niveau de privation,

· l'obésité.

· Le risque est encore plus élevé en cas de diabète ou d'hypertension.

Cependant de nombreuses mortinaissance restent encore inexpliquées car les études manquent, expliquent les auteurs.

Des implications :

· Apporter des conseils « pré-grossesse » et un suivi spécifique durant la grossesse aux femmes qui ont connu une mortinaissance,

· veiller à la suppression des facteurs de risque liés au mode de vie tels que le tabagisme et l'obésité,

· préciser les interventions et les soins prénataux à mettre en œuvre au premier signe d'un risque accru de détresse,

· prévoir des soins supplémentaires, adaptés et personnalisés lors des prochaines grossesses,

· lancer de nouvelles recherches sur les mortinaissances inexpliquées, qui représentent environ 20% des mortinaissances,

· améliorer le système international de classification des causes de mortinaissances, de manière à pouvoir mieux cibler, en santé publique, prévention et interventions.

Source: BMJ2015;350:h3080 24 June 2015 Risk of recurrent stillbirth: systematic review and meta-analysis

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