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OBÉSITÉ, DIABÈTE: L'hormone du foie qui donne des envies de sucre

Actualité publiée il y a 3 années 8 mois 4 semaines
Cell Metabolism

C’est la première hormone identifiée, dérivée du foie qui régule spécifiquement l'apport en sucre. Cette hormone, FGF21 (fibroblast growth factor 21), impliquée dans les fringales et la consommation de sucre, découverte par ces chercheurs de l'Université de l'Iowa, apparaît comme une cible prometteuse pour aider les patients diabétiques ou en surpoids. Et même pour réguler la consommation…d’alcool. Conclusions dans la revue Cell Metabolism.

De nombreuses personnes ont des envies de sucre, subites ou régulières, mais on connaît toujours mal les mécanismes physiologiques qui déclenchent cette appétence pour le sucre. On sait que certaines hormones affectent l'appétit, comme la ghréline, « hormone de la faim » et la leptine, « hormone de la satiété », cependant, ces hormones ne régulent pas spécifiquement les glucides dont les sucres et sont produites par des organes autres que le foie. On sait que l'envie de sucre dépend de notre capacité à détecter le goût sucré. On sait que le manque de sucre va pousser à la « fringale. On sait enfin qu'après avoir mangé un repas à Index Glycémique (IG) élevé, le débit sanguin dans les zones du cerveau associées à la « récompense et le désir » est supérieur à celui associé à un repas à IG bas. Ce qui suggère que les aliments à IG élevés peuvent favoriser les fringales et induisent des envies de la même manière que certaines substances addictives.


Cette étude menée chez la souris montre qu'une hormone produite par le foie, le facteur de croissance des fibroblastes 21 (FGF21), réduit cette appétence pour les sucres simples. Produite dans le foie en réponse à des niveaux élevés d'hydrates de carbone, FGF21 pénètre dans la circulation sanguine, où il envoie un signal au cerveau pour supprimer cette préférence pour les aliments sucrés. « L'hormone régule spécifiquement l'apport en sucre », explique Matthew Potthoff, professeur de pharmacologie, auteur principal de l'étude.

Améliorer l'alimentation des patients diabétiques ou obèses : de précédentes études pangénomiques humaines ont trouvé des associations entre certaines mutations de l'ADN et l'apport de certains nutriments dont le sucre. 2 de ces mutations ont été localisées près du gène de FGF21. D'autres études ont déjà suggéré que FGF21 peut améliorer sensibilité à l'insuline. Ces nouvelles données, obtenues sur la souris, montrent que FGF21 peut aider les personnes qui pourraient ne pas être en mesure de détecter le moment où elles ont "eu" assez de sucre, ce qui contribue à terme au développement du diabète. Lorsque chez des souris normales, l'équipe « injecte » FGF21 puis donne le choix aux souris entre un régime alimentaire normal et un régime enrichi en sucres, les souris modifiées ne suppriment pas totalement leur consommation de sucre, mais en consomment 7 fois moins que la normale. A contrario, des souris génétiquement modifiées pour ne pas produire de FGF21 consomment beaucoup plus de sucre.

FGF21 diminue l'appétit et l'apport en sucre : oui, mais pas de tous les sucres (saccharose, fructose, glucose) de manière égale. En particulier FGF21 n'a pas d'impact sur les apports en sucres complexes. FGF21 influe sur la consommation d'alcool. FGF21 envoie bien des signaux au cerveau pour supprimer cette préférence pour ces sucres mais il reste à identifier par quelles voies neurales. Et si FGF21 avait son équivalent pour les matières grasses et les protéines, cela permettrait peut-être de réguler, globalement l'ensemble des apports alimentaires ?

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