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OBÉSITÉ, toxicomanie, troubles sexuels: Des maladies qui n'en sont pas pour 1 personne sur 2

Actualité publiée il y a 6 années 6 mois 2 semaines
BMJ Open

Infarctus, cancer, paludisme ou encore pneumonie, tout le monde s’accorde sur le fait que ce sont des maladies. L’unanimité est la même, dans l’autre sens, pour considérer que les rides, la douleur et l'homosexualité ne sont pas des maladies. Mais qu’en est-il de la toxicomanie, de l’infertilité, de l'absence de libido ou de la dysfonction érectile ? Cette étude de l’Université McMaster (Ontario), FIND, a tenté de comprendre les attitudes des gens face aux différentes conditions médicales.

Le Pr Kari Tikkinen, co-auteur de l'étude Find, explique que mieux comprendre pourquoi telle ou telle condition est considérée ou non comme une « vraie » maladie peut contribuer à résoudre certains contentieux sociaux et à répondre à de grandes questions de politique en Santé publique. « La maladie », explique-t-elle, « est un mot aujourd'hui aussi difficile à définir que la beauté, la vérité ou l'amour, même si le concept même de maladie est associé à la médecine». L'enquête Find a porté sur un grand nombre de conditions qui devraient être classées comme maladies. Les répondants comprenaient 4 groupes, 3.000 usagers ou patients laïcs, 1.500 médecins, 1.500 infirmières et 200 politiques et juristes. Interrogés par questionnaire sur 60 états de santé, allant du cancer du sein à la pneumonie, l'épuisement, la douleur ou encore les rides, à évaluer par une échelle en 5 points allant de tout à fait d'accord à pas du tout, les répondants étaient invités à évaluer si ces états devaient être considérés comme des maladies et habilités à être pris en charge par des fonds publics. 3.280 personnes ont finalement répondu entièrement à l'enquête. Sur les 60 états de santé évalués, · 12 soit 20% sont considérés par au moins 80% des répondants comme des maladies. · 5 comme n'étant pas des maladies par au moins 80% des répondants. · Les médecins sont (forcément) plus enclins à envisager des conditions comme des maladies. Les usagers sont les moins enclins, et les infirmières et les politiques entre les deux. · Dans tous les groupes, la mobilisation de fonds publics pour la prise en charge est fortement corrélée avec la perception de maladie. (Voir le détail en cliquant ci-contre)


Ces maladies qui n'en sont pas, aux yeux des répondants posent, selon les auteurs, la question de la légitimité d'une prise en charge sur les fonds publics pour les politiques comme pour le grand-public. Une enquête qui rouvre –mais le faut-il- un vrai débat sur certaines maladies, qui, comme la toxicomanie, l'obésité ou encore les troubles sexuels ne sont toujours pas considérés par une grande partie de la population comme des maladies. Qui suggère aussi qu'une meilleure compréhension partagée par tous des déterminants biologiques et sociaux des problèmes de santé contribuerait à faciliter les prises de décisions.

Source: BMJ Open 2012;2:e001632 doi:10.1136/bmjopen-2012-001632 What is a disease? Perspectives of the public, health professionals and legislators


Interstitiel Fiducial

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