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RAGE: Il y a un an, le cas français à ne pas oublier…

Actualité publiée il y a 4 années 4 mois 3 semaines
Journal of Clinical Microbiology

La rage est une maladie mortelle. Ce cas de rage diagnostiqué en avril 2014 (et ayant entraîné le décès 19 jours plus tard), le premier depuis 2003 en France, fait aujourd’hui, un an plus tard, l’objet d’un rapport dans le Journal of Clinical Microbiology. Au-delà de l’intérêt de la description clinique, ce rapport doit rappeler aux médecins que la rage doit être envisagée chez les patients présentant des symptômes neurologiques inhabituels et en provenance d'une zone endémique. Un diagnostic précoce important, étant donné le risque de contamination pour les soignants si les mesures d'isolement ne sont pas mises en œuvre.

Seuls 20 cas de rage humaine ont été diagnostiqués en France entre 1970 et 2003. « La rage est aujourd'hui extrêmement rare dans le monde développé », explique Christian Brun-Buisson, chef de l'unité de soins intensifs, et directeur de l'Unité de prévention des infections de l'Assistance Publique Hôpitaux de Paris. Connu depuis plus de 4000 ans, la rage aura été la plus meurtrière des maladies infectieuses mais c'est aujourd'hui aussi la seule maladie infectieuse qui chez l'homme peut être traitée par la vaccination post-exposition.


Cette résurgence d'1 cas unique en France, à présentation clinique décrite comme « troublante », et sans exposition évidente à une morsure d'animal, a suggéré un cas de rage importé : Le patient, un homme de 57 ans qui avait vécu en France pendant 15 ans, venait de rentrer d'un séjour de 6 mois au Mali, s'était présenté avec une forte fièvre, une transpiration abondante, des douleurs généralisées, et un ralentissement du rythme cardiaque de 40 battements par minute. L'examen d'imagerie cérébrale n'avait «rien donné de particulier ». Le patient avait été testé négatif pour Herpes simplex-1 et -2, le VIH, la syphilis et l'épilepsie, entre autres.

2 jours après son admission en USI, le patient a développé une hyperactivité, des signes de désorientation, un délire avec des pensées de mort imminente associé à des pensées de persécution, alternant avec des périodes de somnolence. Ainsi qu'une « hypersalivation remarquable » au point d'éclabousser le personnel de soins intensifs.

Un risque élevé pour les personnels de santé: Le diagnostic a été confirmé le 13ème jour par biopsie de la peau et analyses de prélèvements salivaires. La souche, identifiée par le Centre national de référence de la rage est connue pour circuler chez les chiens en Afrique de l'Ouest.

· 158 professionnels de la santé avaient alors été exposés via les fluides corporels du patient.

· 52 jugées alors à risque avaient été vaccinées contre la rage.

· 2, en contact étroit avec les fluides corporels du patient avaient également reçu des immunoglobulines antirabiques.

Cette affaire doit servir de rappel aux médecins, en cas de patients présentant des symptômes neurologiques inhabituels et en provenance d'une zone endémique. Car la rage est toujours endémique dans certaines régions du monde, touche plus de 150 pays, et tue chaque année plus de 55.000 personnes, principalement en Asie et en Afrique.

Source: Journal of Clinical Microbiology April 8 doi: 10.1128/JCM.00219-15 Severe ketoalkalosis as initial presentation of human rabies imported in France (Visuel© Tomas Stargardter)

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