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SOCIÉTÉ: Faut-il soigner le racisme au propranolol ?

Actualité publiée il y a 7 années 9 mois 2 jours
Psychopharmacology

Un simple médicament peut-il venir à bout du racisme ? Spécifiquement non, et totalement non, ce serait trop beau. Mais ce médicament pour le cœur, le propranolol, un bêta-bloquant, bloque aussi les préjugés racistes en influant sur les comportements inconscients, suggère cette étude de chercheurs de l’Université d’Oxford. Des conclusions publiées dans l’édition du 6 mars de Psychopharmacology, qui au-delà de la constatation de cet effet secondaire pour le coup sympathique, pose une question éthique. Les racistes doivent-ils se faire soigner ?

Ces chercheurs ont donné à 18 participants le médicament propranolol et à 18 autres témoins, un placebo. Ils constatent que le groupe propranolol a des scores plus faible sur leur test portant sur les préjugés raciaux inconscients - un test standard pour tester des attitudes raciales dans le subconscient.


Le propranolol est un bêta-bloquant utilisé pour traiter certaines maladies cardiovasculaires (Algie vasculaire de la face, angor, arythmie, hypertension) et certaines migraines. Ce médicament bloquerait aussi l'activation du système périphérique nerveux et la zone du cerveau impliquée dans la peur ou les émotions. Les chercheurs expliquent que le propranolol réduit les préjugés racistes, en réduisant les réponses automatiques de peur inconsciente, sur lesquelles ces préjugés sont fondés.

Sylvia Terbeck, auteur principal de cette étude et psychologue expérimental à l'Université d'Oxford explique: «Nos résultats expliquent un peu mieux les processus du cerveau qui conduisent à des préjugés racistes, des préjugés qui peuvent être le fait de personnes pourtant sincèrement partisantes d'égalité. Comme le propranolol est un médicament très largement utilisé pour le cœur, les chercheurs voient, dans leurs résultats un intérêt éthique considérable.

Mais faudra-t-il mettre toutes les personnes à préjugés racistes sous propranonol ? Non, les chercheurs suggèrent que cet effet collatéral est bon à connaître et que plus de recherches sont nécessaires pour mieux connaître certains effets doubles de médicaments sur notre système nerveux et comment ils peuvent affecter nos attitudes morales. Mais le Professeur Julian Savulescu de l'Université Oxford, co-auteur, ajoute néanmoins : «Ce type de recherche soulève l'excitante possibilité que nos attitudes racistes inconscientes pourraient être modulées en utilisant des médicaments, une possibilité qui pose de nombreuses questions éthiques ».

Le propranolol n'est pas une pilule pour guérir le racisme. « Mais étant donné que beaucoup de gens utilisent déjà des médicaments comme le propranolol qui ont des effets secondaires, nous avons au moins besoin de mieux comprendre ces effets ».

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