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SUPERVIRUS H5N1: Les chercheurs livrent leurs premières «mutations»

Actualité publiée il y a 8 années 2 mois 4 semaines
Nature

Alors qu’il y a seulement quelques jours, l’Agence américaine de Biosécurité ou (NSABB) donnait son aval sur la publication des 2 études portant sur le développement du supervirus de la grippe aviaire H5N1, jusqu'ici bloquées pour risque de biosécurité, incitant gouvernement des États-Unis à autoriser leur publication complète, un premier commentaire vient d’être publié, le 5 avril, dans la revue Nature. Cet article apporte les premiers détails sur l'une des 2 études, celle du Pr Yoshihiro Kawaoka, de l'Université du Wisconsin-Madison.

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Les travaux des 2 chercheurs, Ron Fouchier de l'Erasmus Medical Center de Rotterdam, aux Pays-Bas et Yoshihiro Kawaoka, de l'Université du Wisconsin-Madison, avaient défrayé la chronique en développant des souches mutantes de la grippe H5N1 capables de se propager entre mammifères.


L'autorisation de publication du National Science Advisory Board for Biosecurity (NSABB) vient d'être suivie par une réunion, à Londres, de la Société Royal Society durant laquelle, l'un des deux scientifiques, Yoshihiro Kawaoka, a pu présenter ouvertement une partie de ses résultats.

· 1-Un virus reproductible dans les voies respiratoires : Yoshihiro Kawaoka raconte, écrit Nature, que ses expériences ont commencé quand il a modifié le virus H5N1 pour qu'il puisse se reproduire dans les voies respiratoires d'un furet. Le chercheur aurait introduit des modifications aléatoires dans l'hémagglutinine (HA), une protéine présente à la surface du virus de la grippe et responsable de la fixation du virus sur la cellule hôte. A partir des virus mutants obtenus, le chercheur a isolé des virus comportant 2 mutations dans l'HA capables de se fixer aux récepteurs des cellules humaines trachéales. Une propriété qui n'existe pas chez les virus H5N1 sauvages.

·2- Un virus chimérique apparenté à H1N1/2009 : Le chercheur a ensuite combiné cette mutation génétique sur ce gène codant pour HA avec d'autres gènes du virus H1N1 de la pandémie de 2009, comme s'il suivait un processus naturel de glissement transgénique entre virus sauvages. Il obtint ainsi un virus « chimérique » mais qui « ne pouvait » pas être aéroporté.

· 3- Un virus qui se propage plus facilement : C'est alors que le chercheur remarqua qu'un des furets infectés présentait une concentration de virus très élevée dans son nez. Ces virus avaient ramassé une autre mutation de l'hémagglutinine qui leur permettait de se propager entre furets.

· 4- Un virus aéroporté : 2 des 6 furets avaient été infectés par ce nouveau virus sans avoir été en contact avec les autres, car, « en chemin », le virus avait acquis une 4è mutation. Enexposant d'autres furets non infectés à des furets infectés dans des cages voisines, Yoshihiro Kawaoka constate, une semaine plus tard, que tous les furets sont infectés.

Un virus peu virulent : Ce virus mutant n'entraine pas le décès de tous les animaux et se diffuse plus lentement que la souche pandémique H1N1 de 2009. Il semble également plus vulnérable aux antiviraux et aux vaccins actuellement disponibles. L'autre chercheur, Ron Fouchier précise, de son côté, que son virus présente une capacité similaire limité de propagation et un caractère peu létal.

4 mutations, chacune sa fonction : Une des 4 mutations critiques, précise le chercheur Kawaoka est située sur la tige de la protéine HA en forme de champignon, et contribue sans doute à stabiliser le virus. Les trois autres se trouvent dans la tête. 2 d'entre elles contribueraient à renforcer la capacité du virus à se coller aux cellules hôtes. La 4è enfin désactiverait un site de glycosylation, c'est-à-dire une opération biochimique permettant l'addition de glucides mais les chercheurs ne savent pas en expliquer les conséquences précises.

3 de ces mutations étaient inconnues jusqu'alors, une seule d'entre elles avait déjà été documentée chez des oiseaux en Egypte et cette mutation déjà référencée, aujourd'hui considérée comme clé pour la propagation du virus est la preuve, pour les chercheurs, de l'importance de pouvoir enfin partager leurs recherches.

Source: Nature doi:10.1038/nature.2012.10394 « Mutations behind flu spread revealed” (Visuel "H5N1" CDC)

Lire aussi: SUPERVIRUS H5N1: L'Agence américaine de Biosécurité laisse publier les études

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