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TABAGISME: Moins fumer réduit déjà de 15% le risque de décès

Actualité publiée il y a 6 années 10 mois 18 heures
American Journal of Epidemiology

Evidemment, il n’est pas question d’encourager à la poursuite du tabagisme, même minime, compte tenu des dangers du tabac et des bénéfices de l'arrêt complet. Mais alors que 2 fumeurs sur 3 ont déjà tenté d’arrêter, que l'abandon total est, même accompagné, un chemin long et difficile, avec un petit taux de réussite à la clé, cette étude de l'Université de Tel-Aviv, publiée dans l’édition du 20 novembre de l'American Journal of Epidemiology, montre que réduire « la cigarette » contribue déjà à réduire le risque de décès prématuré et de décès cardiovasculaire. Bref, il n’est jamais trop tard pour essayer. Ces médecins de la Faculté Sackler se disent sont confrontés chaque jour à des patients qui ne peuvent pas cesser de fumer. Pour faire face à cette réalité, le Dr Myers et ses collègues chercheurs, le Dr Yariv Gerber et le Pr Uri Goldbourt de la TAU ont examiné les taux d'espérance de survie et de vie des fumeurs ayant réduit leur consommation au lieu de s’arrêter complètement. Leurs données couvent une durée de suivi exceptionnellement longue, de plus de 40 ans. Pour étudier l'impact des changements dans l'intensité du tabagisme au fil du temps, les chercheurs se sont basés sur les données de 4.633 hommes, tous fumeurs au départ de l’étude, âgés alors de 51 ans et suivis dans le cadre d’une cohorte israélienne portant sur la cardiopathie ischémique. Les participants ont été répartis en catégories, selon l’intensité de leur tabagisme (1-10, 11-20, et plus de 21 cigarettes/jour).

Les fumeurs totalement repentis, sont, sans surprise, ceux qui profitent de la plus grande amélioration des taux de mortalité soit une réduction de 22% du risque de décès prématuré, par rapport aux fumeurs qui poursuivent avec la même intensité. Mais les fumeurs qui ont réduit leur tabagisme d'une catégorie ou plus, en voient les bénéfices, avec le même risque réduit de 15% et un risque de mortalité cardiovasculaire réduit de 23%. Des résultats qui montrent que la stratégie de réduction est à bénéfice variable. Lorsqu'ils mesurent la survie des participants à l'âge de 80 ans, ceux qui ont renoncé voient une augmentation de 33% de leurs chances de survie, ceux qui ont réduit, de 22%. Il n'est jamais trop tard : C'est l'une des rares études à prendre en compte la réduction du tabagisme et à montrer que la réduction est préférable à ne rien faire du tout. Ces conclusions signifient aussi qu'il n'est jamais trop tard pour lutter contre son tabagisme. Ici, les participants qui étaient en moyenne âgés de 50 ans au départ de l'étude, restaient capables de cesser ou de réduire et de voir ensuite les avantages à long terme de leurs efforts. Alors que la réduction reste une voie controversée, en particulier par les professionnels de la santé spécialisés, car elle brouille le message prioritaire d'un arrêt complet du tabac, cette étude encourage tout de même à tous les efforts possibles.

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