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ASPHYXIE PÉRINATALE: L'erreur humaine reste la cause la plus fréquente

Actualité publiée il y a 5 années 2 semaines 1 jour
Acta Obstetricia et Gynecologica Scandinavica

Surveillance insuffisante du nouveau-né, manque de compétences cliniques ou incapacité à obtenir l'aide du personnel médical sont les causes les plus fréquemment citées de l’asphyxie du nourrisson autour de la naissance. L’erreur humaine est la principale responsable donc, selon cette étude norvégienne, publiée dans Acta Obstetricia et Gynecologica Scandinavica, mais, pour éviter l’erreur il y a des mesures à prendre.

Chaque année en Norvège, lieu de l'étude, pour 60.000 naissances, les services d'indemnisation reçoivent 65 réclamations pour blessures obstétriques à l'enfant, soit un taux > 1%o. Une étude précédente de la même équipe avait révélé que l'asphyxie est la cause la plus fréquente de ces accidents à la naissance avec de 20 à 25 cas chaque année. Au-delà du drame familial entraîné par un tel accident, les auteurs précisent les montants d'indemnisation versés pour le dommage causé par l'asphyxie soit environ 430.000 € en Norvège et 10 fois plus aux États-Unis. Bien que ces lésions cérébrales ou ces décès liés à l'asphyxie restent rares pendant l'accouchement, ces chercheurs, prenant en compte leurs effets dévastateurs, ont décidé d'examiner leurs causes, à partir de 315 dossiers demandes d'indemnisation, présentés entre 1994 et 2008, associés, a priori, à une asphyxie à la naissance. L'équipe a examiné les dossiers hospitaliers, les évaluations des experts, les conclusions de la Commission d'indemnisation et des tribunaux. Sur les 315 cas, 161 avaient donné lieu à indemnisation.


La responsabilité de l'Obstétricien et de la Sage-femme est en cause dans 1 cas sur 2 :

Les résultats montrent, sur les 161 cas indemnisés, que

· 107 enfants ont survécu,

- dont 96 présentant une lésion neurologique.

- l'erreur humaine est généralement en cause.

· 50 % des cas ont en effet été attribués à une surveillance fœtale insuffisante dont monitoring,

· 14% à un manque de connaissances cliniques,

· 11% au non-respect des directives cliniques,

· 10 % à une aide médicale demandée mais non reçue,

· 4% à une erreur dans l'administration d'un médicament.

Dans les cas de déficience ou non-conformité des soins, l'Obstétricien et la Sage-Femme ont été jugés responsables dans 1 cas sur 2 (49%), le personnel soignant, dans 46% des cas.

Dans la plupart de ces cas, c'est la mauvaise surveillance fœtale qui explique l'apport insuffisant d'oxygène à l'enfant, conclut le Dr Andreasen, auteur principal de l'étude. Si ces résultats ne sont pas forcément transposables en France, la conclusion des auteurs peut l'être, en termes de formation des Sages-femmes et des Obstétriciens, de conditions de travail, et d'audits de qualité.

Un sujet d'actualité, alors que nos Sages-femmes plaident actuellement pour la création d'une filière spécifique sages-femmes au sein des établissements et pour l'amélioration de leurs conditions de travail et leurs salaires.

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