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CANCER du COL: Déception sur l'Irosustat d'Ipsen, en monothérapie et par voie orale

Actualité publiée il y a 11 années 1 mois 4 jours
Essais cliniques

Le laboratoire Ipsen annonce, au 6 juin, sa décision l’arrêt du développement d’Irosustat en monothérapie –et par voie orale- pour le traitement du cancer de l’endomètre ou du col de l’utérus, de la prostate et du sein, mais le laboratoire envisage de développer Irosustat en association avec d’autres thérapies hormonales. Irosustat est un inhibiteur de la voie de synthèse responsable de la production d’hormones favorisant le développement des tumeurs hormono-dépendantes.

Les premiers résultats de son essai européen de phase II dans le cancer de l'endomètre en monothérapie, chez des patientes souffrant d'un cancer de l'endomètre démontre que le critère d'évaluation principal ne sera pas atteint (pourcentage de patientes sous traitement plus de 6 mois sans progression) et la supériorité ne sera pas démontrée avec Irosustat versus l'acétate de mégestrol en termes de survie sans progression (PFS).


Ipsen décide donc de mettre un terme au développement d'Irosustat en monothérapie, même si le traitement a été bien toléré et a montré une réduction significative du taux de certaines hormones stéroïdes circulantes, avec chez certaines patientes, une réponse clinique partielle prolongée. C'est tout de même signal d'efficacité clinique en monothérapie potentiellement encourageant, c'est pourquoi Ipsen va chercher à développer Irosustat en association avec d'autres thérapies hormonales dans les cancers hormono-dépendants.

Irosustat est le premier inhibiteur irréversible de la stéroïde sulfatase (STS) par voie orale. La voie stéroïde sulfatase est responsable de la synthèse d'estrone et de déhydroépiandrostérone (DHEA) qui sont ensuite transformés en estradiol et androstènediol (adiol), qui peuvent tous deux stimuler le développement de tumeurs hormono-dépendantes. Cette molécule a été testée dans le cancer du sein métastatique chez la femme ménopausée, ainsi que dans le cancer de la prostate résistant à la castration (essai clinique de phase I/II). 3 autres études en cours de recrutement de patients, pour lesquelles Ipsen est le promoteur, vont être également interrompues.

Le cancer de l'endomètre, qui se développe dans la muqueuse interne de l'utérus, est le cancer le plus fréquent de l'appareil génital féminin. Il survient généralement après la ménopause. Selon l'American Cancer Society, environ 40.100 nouveaux cas de cancer de l'endomètre ont été diagnostiqués aux Etats-Unis et 7.470 femmes environ sont décédées de cette maladie en 2008. En France, Le cancer de l'endomètre est le cancer gynécologique pelvien le plus fréquent en France, se situant au 5e rang des cancers chez la femme en termes d'incidence avec plus de 6.000 nouveaux cas chaque année et environ 1.800 décès. Ce cancer est généralement traité par Tamoxifène.