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CHIMIOTHÉRAPIE: Ces bactéries intestinales qui boostent la réponse anti-tumorale

Actualité publiée il y a 5 années 4 semaines 3 heures
Inserm et Science

Des bactéries intestinales qui stimulent la réponse immunitaire anti-tumorale en cas de traitement du cancer par chimiothérapie, viennent d’être identifiées par une équipe de chercheurs français. Leur étude présentée dans l’édition du 22 novembre de la revue Science suggère de pouvoir fournir en quantité ces bactéries bénéfiques à l’organisme, via des probiotiques ou une alimentation spécifique.

Les différentes fonctions du microbiote intestinal riche de lus de 100.000 milliards de bactéries font l'objet d'études de l'INRA depuis de nombreuses années et en particulier avec le projet MetaHIT qui étudie le génome des bactéries du tube digestif humain ou metagénome, composé de 150 fois plus de gènes que le génome humain. Ainsi, dans l'objectif aussi de développer des probiotiques bénéfiques à la santé, les effets du microbiote, comme la perte de poids, la prévention du diabète et de l'obésité et même celle du stress et de l'anxiété, sont de mieux en mieux connus. Mais cette étude ajoute à ces bénéfices, l'effet stimulant pour de nouvelles défenses immunitaires contre la tumeur cancéreuse.


Ici, les chercheurs de l'Institut Gustave Roussy, de l'Inserm, de l'Institut Pasteur et de l'Inra montrent comment l'une des molécules les plus utilisées en chimiothérapie anticancéreuse peut être plus efficace, grâce à la flore ou microbiote intestinal. L'efficacité de la molécule repose sur sa « capacité à entrainer le passage de certaines bactéries de la flore intestinale vers la circulation sanguine et les ganglions », explique l'Inserm dans son communiqué où ces bactéries stimulent de nouvelles défenses immunitaires contre la tumeur cancéreuse. L'équipe française dirigée par le Pr Laurence Zitvogel, à l'Institut Gustave Roussy montre précisément que certaines bactéries du groupe des bactéries Gram+, considérées comme néfastes par l'organisme, vont passer la barrière intestinale et se retrouver dans la circulation sanguine et les ganglions lymphatiques, entraînant ainsi une réponse immunitaire. Une réponse dirigée contre ces bactéries qui peut, de manière surprenante, stimuler de nouvelles défenses immunitaires contre la tumeur, en recrutant de nouveaux lymphocytes, différents de ceux déjà mobilisés par la chimiothérapie.

Les chercheurs montrent ainsi, sur la souris, que la suppression de ces bactéries Gram+ entraîne une diminution d'efficacité à la chimiothérapie. Les auteurs suggèrent donc de pouvoir fournir ces bactéries en suffisance à l'organisme, via en particulier, le développement de probiotiques.

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