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FATIGUE CHRONIQUE: Des biomarqueurs associés au « brouillard de cerveau »

Actualité publiée il y a 4 années 8 mois 2 semaines
Molecular Psychiatry

De nouveaux indices du dysfonctionnement cognitif qui sous-tend ce symptôme appelé « brouillard de cerveau », dans le syndrome de fatigue chronique (SFC), sont identifiés par cette étude de l'Université Columbia : des marqueurs immunitaires, détectables dans le liquide céphalorachidien des patients atteints, précieux pour l'amélioration du diagnostic et du traitement d’un syndrome qui reste encore largement mystérieux.

Le syndrome de fatigue chronique qui se caractérise par une extrême fatigue chronique est fréquemment associé à de nombreuses autres maladies, ce qui contribue à rendre son diagnostic très complexe. Sa prévalence estimée entre 0,1 et 0,3% entraine un lourd fardeau sanitaire. Les symptômes de fatigue persistante, faiblesse musculaire, douleurs, troubles de la mémoire et du sommeil sont handicapants pour les patients. Enfin, rappelons que cette affection un peu mystérieuse bien que reconnue par l'Organisation mondiale de la santé depuis 1992, dispose de peu de marqueurs diagnostiques. Des anomalies cérébrales spécifiques ont identifiées par une étudede Stanford, une étuderécente vient d'identifier des signatures immunitaires, donc biologiques de la maladie. Cette nouvelle étude apporte une première description des processus qui sous-tendent le dysfonctionnement cognitif, associé au SFC, souvent décrit par les patients comme un brouillard de cerveau.


Le Dr Mady Hornig a mesuré par tests de dosage immunologique, les niveaux de 51 biomarqueurs immunitaires appelées cytokines dans le liquide céphalo-rachidien de 32 patients atteints, depuis 7 ans en moyenne, d'encéphalomyélite myalgique / syndrome de fatigue chronique (EM / SFC), de 40 patients atteints de sclérose en plaques (SEP) et de 19 témoins en bonne santé. Les chercheurs ont constaté que les niveaux de la plupart des cytokines, dont une molécule immunitaire inflammatoire, l'interleukine 1, ont baissé chez les personnes atteintes d'EM / SFC par rapport aux 2 autres groupes d'étude. Une cytokine, l'éotaxine, impliquée dans l'inflammation allergique s'avère plus élevée dans les 2 groupes EM / SFC et SEP vs groupe témoin.

Dans le sang et dans le liquide céphalo-rachidien : Des différences immunitaires préalablement identifiées dans le sang des patients atteints depuis longtemps d'EM / SFC, identifiées également dans le système nerveux central, explique l'auteur principal, le Dr Hornig, professeur d'épidémiologie et de recherche translationnelle à l'École Mailman. "Ces différences immunitaires peuvent donc contribuer aux symptômes à la fois du du corps et du cerveau, de la faiblesse musculaire au « brouillard de cerveau».

Des implications pour le diagnostic et le traitement : Ces marqueurs forment une base prometteuse pour le développement de tests diagnostiques de la maladie. Des médicaments visant à corriger ces déséquilibres dans les niveaux de cytokines observés chez les patients seraient peut-être aussi des agents thérapeutiques prometteurs. L'utilisation d'anticorps monoclonaux humains impliqués dans la réponse immunitaire est déjà pratiquée pour le traitement d'un large éventail de troubles, de la polyarthrite rhumatoïde à la sclérose en plaques. Reste néanmoins à évaluer l'innocuité et l'efficacité de cette approche par de nouvelles recherches.

Source: Molecular Psychiatry 31 March 2015 doi:10.1038/mp.2015.29 Cytokine network analysis of cerebrospinal fluid in myalgic encephalomyelitis/chronic fatigue syndrome

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