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FÉCONDITÉ: Prévoir la démographie à 10% près, c'est possible (1)

Actualité publiée il y a 9 années 1 jour 3 heures
Demography -NIH

Cette étude financée et publiée le 25 juillet par les National Institutes of Health (NIH) propose une nouvelle méthode pour prédire les taux de fécondité dans le monde. Cette technique statistique peut permettre aux gouvernements de planifier les infrastructures et les services sociaux nécessaires pour s'adapter aux changements de population à grande échelle.

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Les méthodes conventionnelles pour prédire le taux de fécondité d'un pays sont fondées sur deux principes. La première est le nombre moyen de fois qu'une femme donne naissance au cours d'une vie. La seconde est une estimation de la façon dont ce nombre évolue alors que la femme vieillit.


Cette nouvelle méthode est basée sur le principe que le passage d'un taux de fécondité élevé à un taux plus faible suit un modèle semblable dans tous les pays. La méthode utilise une formule statistique qui prend en compte les évolutions historiques de la fécondité et une estimation des tendances futures. Ainsi, la nouvelle méthode prédit un taux de fécondité futur sur la base des taux de fécondité historiques pour ce pays ainsi que sur les expériences des 195 autres pays dans le monde.

Prévoir la démographie à 10% près: NICHD (Eunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and human Development). L'auteur principal, Léontine Alkema, de l'Université nationale de Singapour a collaboré avec l'Université de Washington, l'Université d'Afrique du Sud, le réseau de recherche du réseau INDEPTH et l'Organisation des Nations Unies.

Les 3 phases de l'évolution démographique: Il y a 200 ans, des taux de fécondité étaient élevés dans le monde entier. En moyenne, chaque femme donnait alors naissance à 5 enfants ou plus dans sa vie. Après la révolution industrielle, ce taux a commencé à baisser en Europe. Cette tendance s'est étendue à d'autres régions du monde au cours des 20e et 21e siècles. Les auteurs expliquent que la transition d'une fécondité élevée à une fécondité faible se déroule généralement en 3 phases. La première phase est marquée par une stabilité de la fertilité à un taux de natalité élevé avec 6 à 7 enfants par femme. La seconde phase marque une transition de la fécondité, d'un taux de fécondité moyen de 5 enfants à un taux situé en dessous du taux du niveau de remplacement de 2,1 enfants. Dans la troisième phase, le taux de fécondité d'un pays “récupère” légèrement au-dessus de 2,1 enfants. Selon les auteurs, dans ces 5 dernières années, 20 pays atteint cette phase finale.

Prévoir les tendances à 2100: En utilisant ce nouveau modèle de prévision, les chercheurs sont capables de prévoir les tendances de fécondité et donc les évolutions démographiques pour l'ensemble des pays du monde en l'an 2100. Ils précisent qu'il est plus difficile de prévoir les tendances de fécondité dans des pays à taux de fécondité élevés, car la marge est plus large sur le rythme futur de l'évolution des taux. Les chercheurs ont utilisé la base des taux de fécondité observés de 1950 et 2010 pour tester leur méthode.

Les calculs issus de ce nouveau modèle révèle une tendance inattendue dans les pays où les taux de fécondité sont tombés en dessous du niveau de remplacement. Selon les méthodes conventionnelles, ces taux devraient rester stables, variant seulement à l'intérieur d'une fourchette étroite. Pourtant les chercheurs aboutissent à des taux de fécondité susceptibles de tomber très nettement en dessous du seuil de remplacement, au niveau de 1,5 naissances, puis recommencer à augmenter lentement. Les auteurs précisent que les États-Unis sont le seul pays où le taux de fécondité est tombé en dessous du niveau de remplacement a récupéré ensuite: Après avoir chuté à un minimum de 1,75 naissances dans le milieu des années 1970, il a ensuite réaugmenté et se situe aujourd'hui à 2,0 naissances.

Dans plusieurs cas, ces nouvelles projections diffèrent sensiblement des prévisions actuelles. Par exemple, les chercheurs suggèrent que les modèles de prévision actuels peuvent surestimer la vitesse à laquelle les taux de fécondité chutent dans de nombreux pays à fécondité élevée, dont la majorité des pays d'Afrique sub-saharienne.

En plus de la fécondité, les taux de migration et de mortalité sont les principaux facteurs qui influencent la croissance démographique. Les chercheurs envisagent donc de développer des méthodes statistiques qui prennent également en compte ces taux pour donner encore plus de précision à leurs prévisions. “La capacité à prévoir les tendances démographiques est essentielle pour la planification des infrastructures”, rappelle le Dr Raftery. “Nous voulons faire mieux que de donner une meilleure estimation, avec nos projections, nous permettons d'accroître le degré de confiance”.