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GROSSESSE et retard de croissance: 50% de faux-positifs

Actualité publiée il y a 5 années 1 mois 1 semaine
Inserm et BJOG

En France, seuls 21% des enfants porteurs d’un retard de croissance intra-utérin (RCIU) seront dépisté, en dépit de l’échographie au troisième trimestre de la grossesse. C’est la conclusion d’une large étude menée par une équipe de l’Inserm sur plus de 14.000 naissances en France. De plus l’étude montre que, dans un cas sur 2, la suspicion prénatale de retard de croissance est erronée. Ces nouvelles données, présentées dans la revue BJOG appellent à s’interroger sur l’efficacité du mode de dépistage actuel.

Le retard de croissance intra-utérin (RCIU) se manifeste par une altération de la croissance fœtale qui peut être dépistée pendant la grossesse, principalement par l'estimation du poids fœtal mesurée à l'échographie du troisième trimestre. Son dépistage anténatal doit permettre de mieux prévenir les risques de mortinatalité ou de séquelles neurologiques pour l'enfant. Alors que peu d'études ont évalué l'efficacité du dépistage du RCIU en population générale, cette étude de l'Inserm montre qu'étant donné le faible pourcentage de cas détectés et le fort taux de faux positifs, dans de nombreux cas les bonnes décisions médicales ne pourront donc être prises.


Les chercheurs ont analysé les données de poids de naissance de 14.100 naissances et la correspondance entre un faible poids de naissance et une suspicion de RCIU par diagnostic en anténatal. Ils ont également pris en compte les facteurs de confusion possibles comme la santé maternelle et les caractéristiques néonatales et obstétricales. L'analyse montre que,

· 21,7% des nourrissons nés avec un faible poids de naissance

· et 2,1% des nourrissons nés avec un poids de naissance normal,

· avaient été suspectés pendant la grossesse d'accuser un retard de croissance.

· la moitié des enfants suspectés pendant la grossesse avait pourtant un poids normal à la naissance

Enfin, la suspicion anténatale d'un RCIU est plus fréquemment associée à une césarienne ou un déclenchement du travail.

« Les résultats de cette étude soulignent la nécessité de mener une réflexion autour des raisons de la faible performance du dépistage du RCIU en France. Ils questionnent également sur le risque de réaliser des interventions médicales non justifiées, dans le cas où une suspicion de RCIU pendant la grossesse n'a pas été confirmée à la naissance », conclut le communiqué de l'Inserm.

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