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HÉPATITE FULMINANTE : Un médicament pour traiter l'insuffisance hépatocellulaire

Actualité publiée il y a 10 années 10 mois 2 semaines
Inserm - Hepatology

Des chercheurs de l’Inserm et de l’Université Paris-Sud 11 ont pu développer ce qui serait le premier médicament contre l’hépatite aiguë sévère et fulminante, un syndrome rare, qui peut avoir pour origine l’intoxication médicamenteuse et pouvant entraîner une lésion mortelle du foie. Cette protéine agit sur le processus de régénération hépatique en protégeant les hépatocytes de la mort cellulaire (apoptose) et en stimulant leur prolifération. Ce nouveau médicament candidat est actuellement en essai clinique de phase 2, et pourrait être le premier d’une toute nouvelle classe thérapeutique pour traiter l’insuffisance hépatocellulaire aiguë. Des résultats publiés dans l'édition en ligne du 17 janvier de la revue scientifique Hepatology.

L'insuffisance hépatique aiguë ou fulminante (ALF) est un syndrome rare avec une gestion clinique difficile et un taux de mortalité élevé. Au cours de l'ALF, plusieurs voies moléculaires qui régissent le stress oxydatif et l'apoptose sont activées pour induire des lésions tissulaires massives et suppriment la prolifération cellulaire. Elle peut avoir pour origine une cause toxique (médicaments, champignons vénéneux, facteur d'environnement) ou infectieuse (hépatites virales)- voir schéma ci-contre. Elle peut entraîner une défaillance du foie, mortelle dans certains cas faute de transplantation hépatique. La mortalité reste très élevée (de 45 à 95%) et il y a aujourd'hui, peu de médicaments candidats anti-ALF.


L'équipe de l'Inserm a étudié sur les souris, la capacité de la protéine HIP/PAPhuman hepatocarcinoma-intestine-pancreas/pancreatitis-associated protein), une petite protéine produite naturellement par divers tissus de l'organisme, à stimuler la régénération des cellules hépatiques. HIP/PAP permet d'éliminer les espèces réactives oxygénées (ROS) en excès qui déclenchent la mort des cellules hépatiques, permet ainsi la survie des cellules hépatiques, puis la régénération du foie. Testé sur des souris, HIP/PAP administrée à des stades avancées de la maladie a permis d'aboutir à des taux de survie supérieurs aux souris contrôles de l'ordre de 70%. Les chercheurs rappellent que ce déséquilibre chimique entre stress oxydatif et systèmes antioxydants est aujourd'hui mis en cause dans le développement de nombreuses maladies, telles que les cancers, les pathologies neurodégénératives ou cardiovasculaires, ainsi que dans des processus physiologiques comme le vieillissement.

Des résultats de phase II pour fin 2012 :La protéine HIP/PAP protège les cellules du foie de multiples agressions et stimule la régénération hépatique dans un foie nécrotico-inflammatoire, et, cela même à un stade avancé de la maladie. Depuis, un essai de phase 1 a conclu à la non-toxicité de la protéine chez l'homme et depuis septembre 2010, un essai clinique multicentrique de phase 2 est en cours dont les premiers résultatd sont attendus pour fin 2012.