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IMPLANTS MAMMAIRES: 8 cas de cancers, qu'attend-on pour recommander le retrait?

Actualité publiée il y a 7 années 9 mois 1 semaine
Sécurité sanitaire

En France, 8 cas de cancer recensés, tous sur des femmes avec implants mammaires PIP, selon le dernier communiqué de l’AFP. Dans le monde, plus de 60 cas de lymphome identifiés au dernier rapport de la Food and Drug Administration et d’autres risques liés dont on parle peu (cancers du cerveau, troubles psychiques…) et pas tous avec les mêmes types d'implants. Cancer du sein, lymphome, leucémie, qu'attend-on pour recommander le retrait systématique?

Parmi ces huit cas français, ce sont 5 adénocarcinomes, la forme de cancer du sein la plus fréquente, un cas de lymphome anaplasique à grandes cellules (ALCL), suivi d'un décès, un cas de lymphome de l'amygdale et un cas de leucémie, qui ont été rapportés selon le Pr Grall de la DGS. Les autres risques tus ou minimisés: ·         Il faut également citer une étude de 2001 (Mortality among augmentation mammoplasty patients. Epidemiology 2001; 12:321—326) qui montre que comparativement à la population générale, les femmes ayant reçu des implants mammaires présentent un risque plus élevé de décès liés au cancer du cerveau (SMR = 2,45).   ·         Il faut également revenir sur la pauvreté des études d'innocuité, pauvreté en partie du manque de recul dans le temps mais aussi en raison des méthodologies adoptées par les fabricants, acceptées par les institutions sanitaires car moins rigoureuses pour les dispositifs que pour les médicaments. Des études jugées peu pertinentes par certains experts et qui minimisent très probablement les risques encourus. Rappelons, que dans la réalité, 1 femme sur 3 devra retirer ou faire changer au moins un de ses implants dans les 10 ans. ·         Il faut également citer une méta-analyse portant sur l'augmentation d'un risque dont on ne parle pas, le risque de suicide, auquel nous consacrerons très prochainement un article à part entière, un risque multiplié par deux chez les femmes ayant eu recours aux implants mammaires vs le risque moyen chez les femmes ayant recours à d'autres formes de chirurgie à visée esthétique. Le risque de lymphome ALCL concerne toutes les femmes porteuses d'implants mammaires en France, quelle que soit leur marque , soit 500.000 femmes et France et, au demeurant les 5 à 10 millions de femmes porteuses d'implants dans le monde :Ce risque est évoqué clairement depuis début 2011 par l'Agence américaine FDA, qui dans sa revue de la littérature scientifique avait alors déjà identifié 34 cas uniques de lymphomes ALCL chez des femmes ayant reçu des implants mammaires. La FDA concluait : « Il y a un lien possible entre les implants mammaires et lymphome anaplasique à grandes cellules (ALCL) (…) Ce n'est pas une coïncidence car l'ALCL est généralement situé dans la région immédiatement autour de l'implant mammaire. Et le lymphome est généralement détecté lors de consultations pour symptômes liés à l'implant. La FDA précise qu'il n'est pas possible d'identifier un type spécifique d'implant associé au risque lymphome ALCL. En l'état actuel des données, le risque possible, même jugé faible, vaut pour tous les types d'implants. A ce stade, il est clair que le rapport bénéfice-risque des implants mammaires, quelle que soit leur marque, se dégrade très sérieusement. Espérons que ces nouveaux cas français inciteront les autorités à durcir les autorisations d'utilisation, en particulier en ce qui concerne les interventions à visée esthétiques. Quant aux prothèses de la marque PIP, ne faut-il pas recommander leur explantation au plus vite?

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