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MYOPATHIE de DUCHENNE: Une nouvelle approche moléculaire pour restaurer le muscle

Actualité publiée il y a 9 années 4 mois 1 semaine
The Lancet

Restaurer l’expression d’une protéine déficiente dans la myopathie musculaire de Duchenne serait possible selon cet essai international mené à l'Université de Caroline du Nord de Chapel Hill, financé par le National Institute of General Medical Sciences and le National Heart, Lung and Blood Institute. Ces résultats encourageants, publiés dans l’édition du 25 juillet du Lancet marquent une étape importante pour développer un traitement pour la plus fréquente des maladies génétiques neuro-musculaires de l'enfant.

Ce nouveau traitement utilise des segments de code génétique, des oligonucléotides, pour restaurer la fonction d'un gène défectueux de la dystrophine, la protéine normalement présente sous la membrane cellulaire de toutes les fibres musculaires. Ces chercheurs du Royaume-Uni, des Etats-Unis et d'Australie ont réussi dans cet essai de phase Ib / IIa à produire la protéine musculaire déficiente chez ces patients.


“Quand j'ai testé mon approche dans un tube à essai il y a vingt ans, on a parlé de “gymnastique moléculaire” qui ne mènerait jamais à rien", commente le Pr. Ryszard Kole, professeur de pharmacologie qui a développé la technologie avec AVI Biopharma, à Washington. "Maintenant nous avons la preuve que cela fonctionne, et pour une maladie qui n'a pas d'autres options thérapeutiques."

La myopathie de Duchenne est une maladie mortelle qui touche 1 garçon sur 3.500 nouveau-nés et 30.000 personnes dans le monde. Dans la maladie, des omissions ou des aberrations du code génétique, abrègent les instructions de production de la protéine dystrophine. En conséquence, les cellules ne parviennent pas à fabriquer cette protéine musculaire et les patients finissent par perdre leur capacité à marcher et à respirer. Dans une forme atténuée de la maladie, appelée dystrophie musculaire de Becker, le défaut génétique conduit à une composante manquée, mais laisse le reste des celules reste intact, produisant une protéine musculaire en grande partie fonctionnelle et les patients qui peuvent avoir une vie normale.

Dans cet essai, les chercheurs ont utilisé des "saut d'exon" pour sauter les aberrations du code génétique et des oligonucléotides pour “recoller les instructions” et permettre une production normale de la protéine dystrophine. Les chercheurs ont administré ce traitement par voie intraveineuse à 19 patients atteints de dystrophie musculaire de Duchenne, sur une durée de 12 semaines. Ils ont constaté que le médicament, bien toléré, augmente chez 7 de ces participants, les niveaux de la protéine dystrophine, de manière significative et dose-dépendante. Les 3 meilleurs répondeurs ont montré une augmentation après le traitement des niveaux de protéine de 2% à 18% (du niveau normal).

Les chercheurs prévoient un nouvel essai, portant à la fois sur la dose et la durée de traitement pour vérifier et affiner l'impact clinique de cette nouvelle approche. Dans l'avenir, les chercheurs souhaitent même pouvoir développer des formulations administrables par voie sous cutanée, comme pour le diabète, ou peut-être même sous forme orale.