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OBÉSITÉ: Quand les microglies se mettent de la partie

Actualité publiée il y a 4 années 11 mois 4 semaines
Cell Reports

Les microglies, des cellules du cerveau spécifiques car non nerveuses mais immunitaires pourraient jouer un rôle clé dans le développement de l’obésité, selon cette étude de l’Université de Californie - San Francisco. L’étude, publiée dans la revue Cell Reports montre comment ces cellules immunitaires du cerveau répondent à la graisse dans l'alimentation, entraînant une propension à la suralimentation.

C'est un rôle jusque-là insoupçonné de ces cellules qui vient d'être découvert. Déjà connues pour leur rôle macrophage et donc d'élimination des déchets cellulaires, et en cas de dysfonctionnement, pour leur responsabilité dans l'inflammation dans le cerveau en réponse à une infection ou une blessure, impliquées dans l'accumulation d'amyloïde dans la maladie d'Alzheimer, dans l'inflammation du cerveau liée à l'autisme, ou encore dans la démyélinisation dans la SEP, elles pourraient aussi contribuer au développement de l'obésité.


Ainsi, lorsque les chercheurs nourrissent des souris avec un régime alimentaire riche en acides gras saturés, les microglies subissent une « une explosion démographique » dans l'hypothalamus, une zone clé du cerveau dans la régulation alimentaire. Lorsque les chercheurs utilisent un médicament expérimental et/ou une approche génétique pour inhiber ces microglies, ces 2 méthodes entrainent une réduction de l'inflammation favorisée par les microglies dans l'hypothalamus. Après ces 2 thérapies, les souris s'alimentent moins que les souris témoins et sans effets secondaires apparents.

Un effet sélectif en cas de régime alimentaire trop riche : La suppression des microglies ne réduit la prise alimentaire que lorsque les apports en graisse saturée sont élevés, remarquent les chercheurs, et non en cas de régime alimentaire standard ou allégé.

Les auteurs expliquent cet effet sélectif par l'accumulation de graisse dans l'hypothalamus en cas de régime riche en acides gras saturés. Le Dr Suneil Koliwad, professeur de médecine à l'UCSF explique que les microglies détectent la graisse saturée et envoient des instructions au cerveau favorables à la prise alimentaire.

Un type de cellules immunitaires parmi tant d'autres : Les microglies ne sont pas les seules à réagir en cas de régime riche en graisses saturées. Dans les tissus adipeux, le foie et les muscles, d'autres cellules immunitaires ou macrophages vont également déclencher un processus inflammatoire en réponse à l'obésité induite par l'alimentation. C'est cette inflammation qui va déclencher la résistance à l'insuline qui mène au diabète de type 2. Cependant, l'étude montre que la suralimentation va impacter plus rapidement l'hypothalamus que les tissus périphériques. L'activation des microglies dans le cerveau fait donc partie intégrante d'un processus physiologique normal de réponse du cerveau aux changements de l'alimentation.

Une cible d'intervention contre l'obésité : La réponse microgliale doit donc désormais être prise en compte comme un médiateur d'un gain de poids plus rapide et d'une obésité. C'est donc une cible prometteuse pour des traitements ayant pour objectif de mieux contrôler l'apport alimentaire.

Source: Cell Reports Dec, 2014 DOI: org/10.1016/j.celrep.2014.11.018 Microglia Dictate the Impact of Saturated Fat Consumption on Hypothalamic Inflammation and Neuronal Function

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