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TRANSMISSION VIRALE: Ces chauves-souris à la fois réservoir et vecteur

Actualité publiée il y a 4 années 5 mois 2 semaines
CIRAD et PLoS ONE

Réservoir de virus tels qu’Ebola, Marburg, Nipah, rage…la chauve-souris, soupçonnée également de contaminer aussi bien les hommes que les animaux, fait l’objet de ces travaux de longue haleine de chercheurs du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad). Leurs premières observations présentées dans la revue PLoS ONE révèlent toute la complexité des chaines de transmission, selon les virus et les espèces.

« Les chauves-souris sont en nombre d'espèces la deuxième famille de mammifères après les rongeurs. On en répertorie en effet plus de 1000 espèces. Seuls mammifères volants, elles peuvent se déplacer rapidement et sur de longues distances », explique Mathieu Bourgarel, chercheur au Cirad et co-auteur de l'étude. On les retrouve un peu partout dans le monde et particulièrement en Afrique et en Asie du Sud-Est où plusieurs espèces frugivores ou insectivores se regroupent dans les grottes et espaces boisés. On sait à leur bénéfice que les chauves-souris sont d'efficaces pollinisateurs dans la nature et qu'elles peuvent dévorer environ 25 pour cent de leur poids en insectes. Mais ce sont aussi de redoutables acteurs dans la transmission des agents pathogènes.


A la recherche des mécanismes de contamination : Si l'on sait que les chauves-souris souillent les végétaux par leurs fluides corporels (urine, déjections, placenta lors de la mise bas) et que les fruits infectés sont ensuite mangés par les populations humaines et animales, que des cas de transmission à partir de contacts avec des animaux contaminés morts ont été documentés, les mécanismes de transmission virale via l'animal et notamment la chauve-souris ne sont pas tous connus. De nombreux facteurs peuvent influer sur les rôles de réservoir et de vecteur des chauves-souris. Ainsi, le nombre d'espèces de virus dépend du poids, de la taille et de la forme de l'aire de distribution de l'espèce de chauves-souris. Pour Ebola, le phénomène cyclique, tous les 5 à 6 ans, dans l'apparition des épidémies chez l'homme pourrait s'expliquer par des cycles particuliers de fructifications des arbres entrainant des regroupements massifs de chauves-souris.

Capturer puis analyser : Les chercheurs du Cirad, en partenariat avec le Cirmf (Centre International de Recherche Médicale de Franceville – Gabon) et l'IRD travaillent à partir de prélèvements de chauves-souris capturées. Leur objectif, comprendre à partir de leurs analyses rechercher l'agent infectieux pour mieux comprendre comment circule un agent pathogène. Un défi, avec la chauve-souris, chez qui, le plus souvent on ne décèle que des fragments de virus.

Le cas Ebola: Alors que la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone sont sévèrement touchés depuis mars dernier par la fièvre hémorragique Ebola, mortelle à 90% chez les humains, le Cirad travaille depuis 2006, sur le terrain, dans les Monts Belinga au Gabon pour comprendre le rôle des Chauves-souris cavernicoles dans la circulation des virus dans les forêts d'Afrique centrale. Ce projet a permis d'identifier le rôle d'une espèce de roussette dans la circulation et la transmission du virus Marburg, un filovirus comme Ebola, mortel à 50%. (Voir carte ci-contre). Le même travail est actuellement poursuivi en Asie pour analyser la richesse virale de ces animaux.

Un pic de risque de transmission virale à la naissance des petits, a déjà été identifié au Cambodge chez les chauves-souris « Pteropus ». De premiers résultats de recherche, à découvrir également sur le site du Cirad qui montrent à la fois toute la complexité et l'importance de mieux cerner ces processus de transmission virale.

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