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TROUBLES du COMPORTEMENT ALIMENTAIRE: La génétique compte aussi

Actualité publiée il y a 6 années 2 mois 1 semaine
International Journal of Eating Disorders

S’il est bien établi qu'un large éventail de facteurs peut contribuer au développement de troubles du comportement alimentaire (TCA), cette petite étude menée sur des jumelles mono et dizigotes, montre que chez certaines femmes, des facteurs génétiques peuvent influencer la poursuite de la minceur et accroître la vulnérabilité à la pression sociale d'être mince. Ces résultats d’une équipe de la Michigan State University, publiés dans l’édition de l’International Journal of Eating Disorders ouvrent une nouvelle piste de recherche sur les facteurs déclencheurs de TCA.

Au nombre des canons de beauté dans la culture occidentale, la minceur est aussi facteur de troubles du comportement alimentaire (TCA) chez les jeunes femmes. Ces chercheurs se sont concentrés sur l'impact psychologique de cet idéal de minceur perçu, qu'ils appellent ici « internalisation d'un idéal de minceur ». Ces modifications dans l'auto-perception ou image de soi et dans le comportement, causés par cette idéalisation, peut conduire à une insatisfaction, une préoccupation exagérée du poids et autres symptômes de TCA.


Jessica Suisman, auteur principal de l'étude et chercheur au Département de psychologie de la MSU a émis l'hypothèse de facteurs génétiques contribuant à rendre certaines femmes plus sensibles à cette pression. Son étude a porté sur plus de 300 jumelles du registre des jumeaux de la MSU, âgées de 12 à 22 ans. Les chercheurs ont évalué à quel degré les participantes souhaitaient ressembler à des vedettes de films ou aux femmes présentées dans les magazines pour parvenir à un niveau d'idéalisation. Enfin, les chercheurs ont comparé ces évaluations entre vrais jumeaux qui partagent 100% de leurs gènes et jumeaux dizigotes, qui en partagent 50%.

Les résultats montrent que les jumeaux monozigotes ont des niveaux d'idéalisation bien plus proches que les faux jumeaux, ce qui laisse une place possible, à la génétique. Une analyse plus poussée montre que l'héritabilité de cet idéal de minceur est de 43% ce qui suggère une importance non négligeable de ce facteur génétique.

Bien évidemment, les facteurs environnementaux sont importants, l'étude le confirme aussi, en prenant en compte les différences entre les environnements des différentes participantes. L'exposition aux médias, dont l'impact n'est plus à démontrer, ressort comme un moins important que prévu, précise l'auteur. Cependant, l'étude n'a pas regardé les déclencheurs environnementaux spécifiques à l'un des jumeaux, chez les couples de « vrais » jumeaux.

Le message à retenir serait, toujours selon les auteurs, que les facteurs de risque généraux ou culturels que l'on imagine les plus influents dans le développement de ce type d'idéal, n'apparaissent pas aussi importants que le risque génétique. Kelly Klump, MSU professeur de psychologie et co-auteur de l'étude, rappelle qu'il est bien établi qu'un large éventail de facteurs peut contribuer au développement de troubles de l'alimentation mais insiste sur la nécessité d'examiner comment les facteurs génétiques comme environnementaux peuvent contribuer au développement des TCA.

Source: International Journal of Eating Disorders 3 OCT 2012, DOI: 10.1002/eat.22056 Genetic and environmental influences on thin-ideal internalization

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