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AVC: Prévenir la négligence à gauche quand la lésion est à droite

Actualité publiée il y a 4 années 8 mois 4 semaines
Inserm et Brain

Hémisphère droit lésé, hémisphère gauche négligent, c’est un risque possible par exemple après un AVC (Accident Vasculaire Cérébral), nous expliquent ces scientifiques de l’Inserm. Leurs recherches sur la « négligence spatiale unilatérale » ou « héminégligence », un trouble neurologique qui consiste à ignorer, le plus souvent, la moitié gauche du monde révèlent dans la revue Brain, les facteurs prédictifs de la persistance de ce trouble et engagent, dans ce cas, à proposer aux patients une rééducation adaptée.

Le Dr Paolo Bartolomeo, Directeur de recherche Inserm et chef d'équipe de PICNIC (Physiological Investigations of Clinically Normal & Impaired Cognition) Lab à l'Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM) montre que les deux hémisphères peuvent en partie se compenser l'un l'autre en cas de lésion, grâce à la plasticité cérébrale si les deux hémisphères parviennent toujours à communiquer entre eux via des connexions neuronales.


En phase aiguë d'un AVC survenant dans l'hémisphère droit, la grande majorité des patients présente des signes de négligence gauche et se comporte comme si la moitié gauche du monde n'existait plus. Au-delà du handicap qui en résulte dans les activités du quotidien, ces patients récupèrent moins bien que les patients touchés à l'hémisphère gauche. En identifiant les facteurs prédictifs de la persistance de la négligence, il devient possible de leur proposer une rééducation adaptée.

En suivant l'évolution de la négligence chez 45 patients, diagnostiqués de négligence -en utilisant la Batterie d'évaluation de la négligence (BEN)- et avec lésions vasculaires de l'hémisphère droit, les chercheurs montrent, via IRM, que les patients « négligents » de manière chronique et persistante présentent une atteinte, au niveau du corps calleux, de la connexion qui permet aux deux hémisphères de communiquer entre eux. L'hémisphère gauche (sain) ne peut plus communiquer avec l'hémisphère lésé (droit), pour apprendre à compenser les déficits visuo-spatiaux provoqués par la lésion cérébrale.

Cette absence de connexion, détectable à l'IRM, est donc un facteur prédictif de la persistance de la négligence et donc d'un besoin prioritaire aux traitements de rééducation.

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