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CANCERS: Le test qui prédit l'efficacité de la chimiothérapie

Actualité publiée il y a 8 années 5 jours 13 heures
Science

Grâce à ce test mis au point par des scientifiques du Dana-Farber Cancer Institute qui détecte si les cellules tumorales d'un patient sont déjà « en route » vers l’autodestruction, la recherche permettra bientôt de prédire la réponse d’un patient à la chimiothérapie. Cette étude, publiée en ligne dans l’édition du 27 octobre de Science montre que plus les cellules cancéreuses sont à un stade proche de l’apoptose, plus elles seront réceptives au traitement. La technique, appelée « profilage BH3 » vient de faire ses preuves sur 85 patients atteints de plusieurs types de cancers.

Les chercheurs expliquent rapportent que les cellules cancéreuses qui sont sur le point de s'autodétruire sont plus susceptibles de succomber à certains agents de chimiothérapie que les cellules cancéreuses qui n'ont pas encore atteint ce stade. Cette découverte suggère qu'il pourrait être possible de prédire quels patients atteints de cancer sont plus susceptibles de bénéficier du traitement par chimiothérapie et rendre ainsi les médicaments de chimiothérapie plus efficace en poussant les cellules tumorales au plus près du suicide. «De nombreux agents de chimiothérapie agissent en endommageant les structures à l'intérieur des cellules cancéreuses, en particulier l'ADN et les microtubules», explique l'auteur principal de l'étude, le Pr. Anthony Letai du Dana-Farber. «Lorsque le dommage est tel qu'il ne peut être réparé, les cellules engagent un processus appelé apoptose, par lequel elles se sacrifient pour éviter de transmettre les dommages à leurs descendants."


Les chercheurs ont constaté que les cellules cancéreuses qui sont plus proches de ce seuil apoptotique sont plus sensibles à la chimiothérapie que les autres cellules cancéreuses et qu'il est possible de mesurer à quel point les cellules sont proches de ce point de rupture. L'équipe a mis au point une technique appelée « profilage BH3 » pour effectuer cette mesure. La technique se concentre sur les mitochondries - les structures cellulaires au sein desquelles la décision d'apoptose est prise ou non - et sur les protéines connues sous le nom de Bcl-2. Au sein de la mitochondrie, les protéines Bcl-2 agissent certaines en faveur de l'apoptose, d'autres pour y résister. La faction qui domine détermine si la vie cellulaire va l'emporter sur l'apoptose.

La technique de mesure utilise des morceaux de protéines appelées peptides BH3, les scientifiques préparent des cellules pour permettre l'entrée de ces molécules BH3 et examinent si des trous commencent à se former dans les mitochondries, une étape clé de l'apoptose. Un colorant fluorescent permet aux scientifiques de mesurer si ces trous se forment. En ajoutant des peptides BH3 aux échantillons et en mesurant quel niveau de peptides est nécessaire pour tuer les cellules, les chercheurs parviennent à mesurer à quel point les cellules sont proches du stade de l'apoptose.

Testée sur des cellules de myélome de patients sur le point de recevoir une chimiothérapie, cette technique montre une forte corrélation entre les cellules cancéreuses les plus colorées et les patients les plus réceptifs à la chimiothérapie. Les chercheurs ont ensuite étudié les tumeurs de 85 patients (myélomes multiples, leucémies myéloïdes aiguës, cancers de l'ovaire) et retrouvent chaque fois le même lien.

Selon les auteurs, les motivations d'une chimiothérapie doivent être reconsidérées. « Le raisonnement traditionnel d'une chimiothérapie ciblant les cellules à croissance rapide comme les cellules cancéreuses a un certain « mérite » », remarque le Pr. Letai, « mais n'a jamais été tout à fait satisfaisant du point de vue scientifique ». Il existe plusieurs types de cancers à croissance rapide qui ne répondent pas aux agents de chimiothérapie, et plusieurs types de cancers à croissance lente qui, en revanche, répondent bien à la chimiothérapie.

La prochaine étape consistera à tester ce principe sur d'autres types de cancers pour vérifier que « le profilage BH3 » pourra être utilisé pour aider les oncologues à mieux choisir les thérapies pour les patients. L'objectif de la médecine personnalisée.

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