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CANNABIS: La Skunk laisse sa marque sur les axones

Actualité publiée il y a 4 années 4 mois 5 jours
Psychological Medicine

La Skunk est une variété de cannabis qui contient des niveaux élevés de THC. Cette étude par IRM, montre, avec la consommation de ce cannabis puissant, et à la différence du cannabis « classique », différents changements structurels dans le corps calleux, le faisceau d'axones ou fibres nerveuses connectant les deux hémisphères cérébraux et assurant leur coordination. Si l’étude ne précise pas les effets négatifs sur la santé mentale, associés à ces changements, elle alerte une nouvelle fois sur les marques cérébrales d’une forte exposition au THC.

Qu'est-ce que la Skunk : Il s'agit d'un type de cannabis à niveaux très élevés de Δ-9-tétrahydrocannabinol (THC), soit environ 16-22%. Ce composé, le principal agent psychoactif du cannabis, peut entraîner des effets comme la relaxation, une sensibilité des sens, une augmentation de l'appétit et a déjà été associé à des symptômes psychotiques. En revanche, la Skunk a des niveaux très faibles en cannabidiol (<0,1%) un autre composé du cannabis qui peut contribuer à compenser donc réduire l'effet psychotique du THC. Cette composition particulière peut expliquer le risque associé extrêmement élevé de psychose, identifié par cette étude publiée dans le Lancet Psychiatry. Ce cannabis à forte concentration de THC est-il plus addictif ? Une étude du Netherlands Institute of Mental Health and Addiction a conclu que les consommateurs qui fument ce type de cannabis « puissant » vont réduire spontanément leur inhalation et finalement leur exposition au skunk ne sera globalement pas associée à un risque plus élevé de dépendance, qu'avec un cannabis de « qualité » normale.


Ici, les chercheurs du King College de Londres et de l'Université La Sapienza (Rome), ont scanné à l'IRM, les cerveaux de 99 participants adultes, 56 atteints de psychose dont 37 utilisateurs de cannabis, 43 participants sans psychose dont 22 consommateurs de cannabis. Ils ont étudié spécifiquement l'effet de la Skunk sur la structure fine du corps calleux. Les facteurs de confusion possibles tels que l'âge, les facteurs sociodémographiques, l'origine ethnique ou certains facteurs de mode de vie ont été pris en compte. L'analyse constate que,

· les usagers de Skunk ou de tout type de cannabis sur une base quotidienne présentent différents changements structurels dans le corps calleux, vs ceux qui fument moins ou, globalement sont moins exposés.

Ø Si la structure du corps calleux ne s'avère pas significativement différente avec et sans psychose, elle s'avère bien affectée négativement chez les personnes utilisant la Skunk ou très fortement exposées au cannabis vs les participants non usagers ou faiblement exposés.

Ø Ces modifications associées à la consommation de Skunk sont donc similaires chez les utilisateurs avec ou sans psychose.

Des troubles « des microstructures » du corps calleux : Ainsi, la consommation, à l'âge adulte, de cannabis à forte concentration de THC semble ici associée à des troubles « des microstructures » du corps calleux, en cas ou non de psychose. Alors que la culture de cannabis à forte puissance vient de plus en plus remplacer les drogues végétales traditionnelles dans de nombreux pays européens, cette sensibilisation aux risques de ces cannabis n'est pas inutile, soulignent les auteurs. L'étude constate donc une association mais ne précise pas les effets néfastes possibles comme un dysfonctionnement de la coordination motrice, par exemple.

Source: Psychological Medicine November 27 2015 DOI: 10.1017/S0033291715002342 Effect of high-potency cannabis on corpus callosum microstructure

Lire aussi: CANNABIS et SKUNK: C'est la consommation cumulée de THC qui mène à la psychose

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