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ÉVOLUTION: La génomique remonte à nos origines cryptiques

Actualité publiée il y a 5 années 1 semaine 1 jour
Nature

C’est l’ADN le plus ancien jamais analysé. Recueilli sur un fémur vieux de 400.000 ans dans une grotte d’Espagne, il vient de révéler un lien inattendu entre les hominidés habitant l'Europe et une population vivant sous terre, les Dénisoviens, connus pour avoir vécu bien plus récemment dans le sud-ouest de la Sibérie. Une surprise pour les scientifiques qui s’attendaient à une plus étroite parenté avec les Néandertaliens. Ils présentent leur découverte dans la revue Nature.


Ce fémur et les restes de plus de deux douzaines d'autres hominidés découverts sur le site ont déjà été attribués soit à des formes précoces de Néandertaliens, qui ont vécu en Europe il y a environ 30.000 ans ou aux Homo heidelbergensis, une population d'hominidé qui a elle-même donné naissance aux Néandertaliens en Europe.


Mais ici, en séquençant l'ADN mitochondrial – donc transmis par la mère- du fémur de cet homme de « sima », l'équipe de Svante Pääbo, généticien moléculaire à l'Institut Max Planck (Allemagne), a identifié une proximité avec les Dénisoviens, une population à la fois plus éloignée et plus récente. Ce lien surprenant reste difficile à expliquer.

- -Soit les hominidés retrouvés représenteraient une population fondatrice ayant donné naissance à 2 groupes, les Dénisoviens et les Néandertaliens qui auraient tout simplement perdu cette séquence alors qu'ils vivaient « chez les femmes » Dénisoviens, environ 700.000 années avant notre ère.

- -Soit, ce génome mitochondrial proviendrait encore d'un autre groupe distinct d'hominidés et les Dénisoviens se seraient également croisés avec ce groupe d'hominidés mystérieux.

Bref, avec cette nouvelle analyse génomique, l'évolution génétique des hominidés s'avère plus complexe.

L'hypothèse du croisement des Dénisoviens avec des populations humaines plus modernes avait déjà été évoquée par l'analyse d'une phalange distale d'une jeune fille dans une grotte des monts de l'Altaï en Sibérie, une recherche publiée dans la revue Science. Cependant, l'âge du génome séquencé n'avait alors été estimé « qu'à » 80.000 ans. Alors si la lignée humaine n'est pas encore tout à fait claire, il n'en reste pas moins la capacité technique à pouvoir décrypter le génome d'ancêtres vieux de 400.000 ans.

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