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GREFFE de l'UTÉRUS: Une étape vers la grossesse masculine?

Actualité publiée il y a 3 années 7 mois 2 semaines
Infertilité

Les hommes pourront-ils bientôt donner naissance ? Une hypothèse confortée par les différents essais cliniques en cours de greffe d’utérus, chez des femmes privées de cet organe à la naissance ou ayant subi une hystérectomie. Alors pourquoi pas chez un homme, envisage, dans une interview, le Dr Dr. Karine Chung, directeur du Programme Préservation de la fertilité à l’University of Southern California’s Keck School of Medicine.

Car théoriquement, les techniques médicales actuelles pourraient permettre de greffer un utérus chez un homme, ce qui leur permettrait de porter un bébé à terme et de donner naissance. Une hypothèse réalisable d'ici 5 à 10 ans selon cet expert, qui considère comme possible, toujours théoriquement, de s'inspirer des protocoles développés pour les femmes transgenres. Il est en effet possible de supprimer les hormones mâles et de doter l'organisme d'hormones sexuelles féminines, ce qui peut également permettre l'allaitement naturel, sans parler de la reconstruction vaginale.


Ainsi, la greffe d'utérus restait le dernier obstacle à surmonter pour donner au fœtus un havre de développement. Le Dr Chung parie sur les femmes transgenres pour amorcer « la demande » car finalement pour une femme, être mère est l'un des objectifs ultimes et « les femmes transgenres à cet égard, ne sont pas différentes ».
La greffe d'utérus a déjà une longue histoire: la première transplantation a été réalisée sur une femme de 26 ans en Arabie Saoudite qui avait perdu son propre utérus à la suite d'hémorragies liées à la naissance de son enfant. Un utérus transplanté qui ne « survivra » que 99 jours. En décembre 2010, des équipes suédoises annoncent une gestation à la suite d'une greffe d'utérus chez le rat. Les derniers exemples en date ont été apportés par des équipes suédoises, avec le legs de son utérus, d'une mère de 56 ans à sa fille, dépourvue de cet organe à la suite d'une affection génétique rare et par des équipes turques, avec la transplantation, à partir d'une donneuse décédée, d'un utérus chez une jeune femme de 21 ans atteinte du syndrome de Rokitansky-Küster-Hauser (absence congénitale totale ou partielle d'utérus). Actuellement, seule la Suède a obtenu des naissances après greffe d'utérus, à partir de donneuses vivantes. Plusieurs essais cliniques sont en cours dans le monde : Une équipe de pointe britannique a récemment « annoncé » le premier bébé britannique né grâce à la transplantation de l'utérus pour 2017. En effet, les autorités britanniques ont également donné leur feu vert pour un essai clinique impliquant 10 participantes. Enfin, le 5 novembre dernier, l'Agence Nationale du Médicament (ANSM) donnait un feu vert officiel à l'essai clinique français porté par l'équipe de gynécologie obstétrique du CHU de Limoges.

D'autres obstacles restent cependant à surmonter : sur le plan biologique, tout est conçu, chez la Femme pour « faire vivre et fonctionner » un utérus, la vascularisation nécessaire pour alimenter l'utérus, le plancher pelvien pour le soutenir, un vagin et un col pour accoucher, et des hormones naturelles qui préparent l'utérus à l'implantation et à la grossesse, ce n'est évidemment pas le cas chez les hommes. En particulier, pas de système de soutien. Pour l'expert cependant, tous ces obstacles seront surmontables à terme : hormonothérapie pour couper la testostérone et introduire la progestérone et les œstrogènes nécessaire à l'utérus pour la grossesse, détournement de flux sanguin par « raccordement » d'une artère iliaque interne pour alimenter l'utérus utérines, fixation de l'utérus transplanté à d'autres ligaments du bassin…

Mais quelle voie de transfert de l'embryon ? Car la voie habituelle pour les femmes est vaginale et via le col. Il resterait donc aussi à « expérimenter » une reconstruction vaginale avec col débouchant sur l'utérus transplanté. Ce qui n'a pas jamais été tenté. Mais, selon un autre expert, le Dr Elliot Jacobs, un chirurgien plastique de Manhattan, théoriquement, « ce ne serait pas un exploit chirurgical majeur ».

Quelques questions éthiques tout de même, en particulier touchant à l'avenir –et aux résultats de santé- des enfants nés par transplantation d'utérus « masculine ».

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