Vous recherchez une actualité
Actualités

GROSSESSE: Mieux la comprendre et la protéger grâce au placenta

Actualité publiée il y a 4 années 8 mois 1 semaine
NIH, Nature et Science

Le placenta est l'organe humain le moins bien compris mais sans doute l'un des plus importants. Car il influence non seulement la santé de la mère et de son bébé pendant la grossesse, mais aussi la santé des "deux" à plus long terme. Etudier le placenta durant la grossesse est donc l‘objectif de ce nouveau programme de recherche américain, le Human Placenta Project, mené par les US National Institutes of Health qui doit mobiliser de nombreux scientifiques de toutes les disciplines concernées, experts en biologie placentaire, médecins, experts en biotechnologie, imagerie et analyse de données. L’objectif ? Aboutir à une image dynamique de la structure et de la fonction placentaire en temps réel.

Le placenta transporte des nutriments et de l'oxygène pour le fœtus à partir de la circulation sanguine de la mère et élimine les déchets. Des dysfonctionnements ou des anomalies peuvent entraîner des problèmes de santé allant de la naissance prématurée au diabète à l'âge adulte. Pourtant, le placenta reste l'organe humain le moins bien compris. De précédentes études ont bien porté sur le placenta, mais ont dû se contenter d'étudié l'organe après l'accouchement, compte-tenu de la difficulté « d'y accéder » pendant la grossesse sans entraîner de risques pour la mère et l'enfant. Le programme Human Placenta Project est donc une initiative de recherche collaborative, sur le placenta in utero, lancée par le Eunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and Human Development (NICHD), une « filale » des NIH, afin de mieux comprendre le rôle du placenta dans la santé et la maladie.


L'objectif ici est de se mettre en capacité d'étudier le placenta pendant la grossesse, alors qu'il est en fonction, pour mieux comprendre son développement, sa structure, sa biologie, son rôle dynamique et les conditions de la fonction placentaire pour permettre de meilleurs résultats de grossesse.

Le projet n'exclut pas la poursuite d'études sur l'animal, déjà engagées mais doit venir combler les lacunes de ces recherches en permettant aux chercheurs, pour la première fois, de suivre le placenta humain en temps réel. Un référentiel pour l'utilisation de placentas ou tissus placentaires devra être développé pour promouvoir ce type de possibilité de recherche, précisent les NIH dans un communiqué.

Parmi les objectifs prioritaires du programme, l'amélioration de l'imagerie. Car les techniques bien que sophistiquées d'échographie et d'imagerie par résonance magnétique n'apportent qu'une vision trop restreinte du placenta in utero et insuffisante, selon les experts, pour identifier de manière suffisamment précoce des anomalies, ce qui exclut toute possibilité d'intervention. L'objectif serait donc d'apporter en pratique clinique aux obstétriciens une technique de surveillance du placenta en temps réel, comme cela existe aujourd'hui pour le fœtus.

La consultation est donc ouverte, dotée d'un budget de plus de 40 millions de dollars, apporté par les NIH. Les groupes de chercheurs candidats doivent comprendre un obstétricien et un biologiste déjà expert en placenta. Cependant l'idée est de travailler de manière interdisciplinaire. En fin de compte, 8 à 9 projets de recherche seront financés pendant 4 ans. Certaines équipes envisagent déjà le recours aux nanoparticules qui pourraient passer du système circulatoire de la mère au placenta pour délivrer des marqueurs visibles sur un scan. D'autres chercheurs espèrent capitaliser sur ces fragments d'ADN circulant dans le sang maternel ou sur d'autres matériaux expulsés par le placenta, là encore pour obtenir des marqueurs de la santé du fœtus.

Sources:

NIH The Human Placenta Project

Science 27 February 2015 DOI: 10.1126/science.aaa7927 NIH sets aside more than $40 million for study of human placenta

Nature 27 February 2015 doi:10.1038/nature.2015.17017 NIH invests US$41.5 million in placenta research (Visuel@Nature@ R. Bick, B. Poindexter, UT Medical School/Science Photo Library)

Autres actualités sur le même thème