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INFECTIONS NOSOCOMIALES: 5 à 10% des patients hospitalisés touchés

Actualité publiée il y a 8 années 6 mois 3 semaines
InVS- BEH

5 à 10% des patients hospitalisés ont une ou plusieurs infections acquises lors de l’hospitalisation. Les infections associées aux soins (IAS) restent ainsi la principale cause d’évènements indésirables chez les patients hospitalisés et contribueraient à 2,8% des décès hospitaliers, soit 4.200 décès par an. Pourtant, 20 à 30% des IAS seraient évitables par la mise en oeuvre en routine de mesures de prévention connues. Des résultats et des tendances publiées dans un numéro spécial du BEH de l’Institut de veille sanitaire, publié à l’occasion du 10ème anniversaire du Réseau d’alerte, d’investigation et de surveillance des infections nosocomiales (Raisin). Que s’est-il donc passé, en termes de prévention et de surveillance des infections durant cette dernière décennie ?

Parmi les IAS, les infections à bactéries multirésistantes (BMR) aux antibiotiques demeurent une préoccupation majeure et une part croissante des infections acquises à l'hôpital. Liées à l'usage excessif des antibiotiques, à la transmission inter-patients via les soins, à leur propre potentiel de propagation et à la susceptibilité de certains patients, elles sont probablement le principal enjeu des années à venir de la lutte contre les infections nosocomiales.


Réseau Raisin a exercé sa surveillance des toutes opérations confondues, et celle chez les patients à faible risque d'infection ont diminué respectivement de 38% et 32% entre 1999 et 2006 sur une cohorte de près d'un million d'interventions suivies.

Durant cette période, la prévalence globale des IN dans les établissements de santé est passée de 6,9% à 5,0%. Cela représente une baisse brute de 18% mais avec une disparité de performance toujours importante entre des établissements…

Les antibiotiques, toujours autant prescrits: la prévalence des patients traités par antibiotiques, toutes indications confondues, s'est peu modifiée. Elle est passée de 16,4% en 2001 à 16,7% en 2006.

la méticilline (Sarm) s'est avérée importante, de 0,49% en 2001 à 0,29% en 2006, soit une baisse de 41% de la fréquence mesurée, on a vu les infections à entérobactéries productrices de bêta-lactamases à spectre étendu (EBLSE) augmenter et l'apparition de bactéries pan-résistantes (entérobactéries productrices de carbapénémases, ou EPC). Une évolution complexe qui implique des stratégies de prévention innovantes.

L'amélioration de l'observance de l'hygiène des mains via la forte implantation de l'usage des SHA est un élément fort de la décennie 2000. Dans l'interrégion Sud-Ouest, la proportion de frictions dans l'hygiène des mains est passée de 15,3% en 1999 à 48,4% en 2005 avec, en parallèle, une observance globale de l'hygiène des mains passant de 41 à 53%.

Enfin, si l'on en croit cette toute récente étude publiée dans New England Journal of Medicine une surveillance active des bactéries et le respect des mesures “barrière”, telles que le port de gants et de blouse ne seraient bientôt plus suffisantes pour réduire la transmission des principales bactéries résistantes aux antibiotiques en milieu hospitalier. Une étude qui recommande de passer au stade supérieur, une thérapie plus active de réduction des bactéries chez les patients infectés et une “décontamination” de l'environnement hospitalier.