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Journée mondiale MAINS PROPRES: Premier défi mondial pour la sécurité des patients

Actualité publiée il y a 11 années 1 mois 4 semaines
OMS

Cette Journée mondiale a un objectif tout simple: L’hygiène des mains est une mesure de base, réaliser un “soin propre” c’est réaliser un soin plus sûr et le début du contrôle des infections, pour la sécurité des patients. Comme chaque année, c’est l’Organisation mondiale de la Santé qui pilote cette campagne mondiale sur l'hygiène des mains chez les professionnels de santé, et rappelle que les infections liées aux soins (IAS) sont une cause majeure de décès et d'incapacité dans le monde. En moyenne, seuls 38% des personnels de santé, en moyenne et dans le monde, respecteraient les procédures d'hygiène des mains.

L'ampleur de la charge des IAS et leur prévention sont devenues des priorités de Santé publique. Car l'IAS implique une hospitalisation prolongée, souvent un handicap à long terme, mais aussi l'augmentation de la résistance bactérienne aux antimicrobiens, des décès, des coûts émotionnels élvés pour les patients et leurs familles et des dépenses pour les systèmes de santé.


Un diagnostic complexe: L'IAS résultat de 3 types de facteurs liés:

· l'agent infectieux lui-même, sa virulence, sa capacité à survivre dans l'environnement, sa résistance aux antimicrobiens…

· mais aussi l'hôte, à son âge, son poids, ses maladies sous-jacentes, l'immunosuppression ou la malnutrition,

· et l'environnement, par exemple admission en USI, hospitalisation prolongée, les dispositifs invasifs, antibiothérapie…

(Figure ci-contre) . Environ 5 millions d'infections se produiraient dans les hôpitaux européens chaque année contribuant à 135.000 décès par an, environ 25 millions de jours supplémentaires d'hôpital et un poids économique estimé de13 à 24 milliards d' €.

L'estimation du taux d'incidence aux États-Unis des infections nosocomiales s'élève à 4,5% soit 1,7 millions de personnes touchées chaque année et un impact de 6,5 milliards de dollars par an.

La transmission d'agents pathogènes par les mains, associée aux soins a lieu par contact directet indirect, par gouttelettes via l'air et ou par un autre véhicule. C'est le modèle le plus courant:

· les germes sont présents sur la peau du patient, ou sont tombées sur des objets inanimés dans l'environnement immédiat du patient,

· ils sont transférés par les mains des personnels de santé,

· ils survivent pendant au moins plusieurs minutes sur les mains des professionnels de santé

· le lavage des mains a été mal effectué ou omis,

· les mains contaminées ont été en contact direct avec un autre patient ou avec un objet inanimé contaminé.

Des bactéries résistantes, au premier niveau: Après contact avec les patients et / ou une contamination l'environnement, les micro-organismes peuvent survivre sur les mains de 2 à 60 minutes. Plus la durée des soins est importante, plus le degré de contamination des mains est donc élevé.

L'hygiène des mains est la mesure la plus efficace dans la prévention des IAS et la propagation de la résistance aux antimicrobiens. Pourtant, le respect des procédures d'hygiène des mains reste encore très variable, selon les pays, les établissements, les services avec des taux de base moyen allant de 5% à 89% et une moyenne globale de 38,7%. Dans les études d'observation menées dans les hôpitaux, les personnels de santé nettoyent leurs mains, en moyenne, de 5 à 42 fois par poste et de 1,7 à 15,2 fois par heure. La durée du lavage des mains varie de 6,6 secondes à 30 secondes.

Le lavage des mains est nécessaire

· Avant de toucher un patient,

· Avant toute procédure de soin,

· Après tout risque de contamination,

· Après avoir touché un patient,

· Après avoir eu un contact avec l'environnement du patient.

En France aussi, 5 à 10% des patients hospitalisés ont une ou plusieurs infections acquises lors de l'hospitalisation. Les infections associées aux soins (IAS) restent ainsi la principale cause d'évènements indésirables chez les patients hospitalisés et contribueraient à 2,8% des décès hospitaliers, soit 4.200 décès par an, selon le dernier et récent bilan de l'InVS. Pourtant, 20 à 30% des IAS seraient évitables par la mise en oeuvre en routine de mesures de prévention connues.