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Le risque CARDIOVASCULAIRE lié à la pollution de l'air intérieur

Actualité publiée il y a 8 années 3 mois 1 semaine
Environmental Health Perspectives

Un à deux milliards de personnes dans le monde se chauffent et cuisinent avec un carburant de biomasse comme le bois, une pratique qui expose, en particulier les femmes à des expositions élevées à la pollution de l'air par de petites particules, responsables de décès prématurés et de maladies pulmonaires. Cette étude publiée dans l’édition en ligne du 1er juillet de la revue Environmental Health Perspectives, qui associe la pollution de l'air intérieur avec une tension artérielle élevée, explique tous les bénéfices cardiaques possibles, qui seraient liés au passage à des énergies propres.

Les chercheurs de l'Université de Wisconsin ont mené leur étude sur 280 femmes appartenant à une minorité ethnique, appelée Naxi. Ces femmes ont porté un appareil portatif qui échantillonnait l'air qu'elles respiraient durant 24 heures. Dans cette région reculée de la province du Yunnan, en Chine, les Naxi vivent dans des habitations avec une cuisine centrale équipée d'un poêle à bois, explique Jill Baumgartner, auteur de l'étude. "J'ai passé beaucoup de temps à regarder les femmes cuisiner dans ces cuisines non ventilées, et en quelques secondes, mes yeux me brûlaient et j'avais des difficultés à respirer. Les femmes expriment elles-mêmes ces malaises mais considèrent qu'ils font partie des difficultés de la vie rurale », explique Baumgartner.


Baumgartner, aujourd'hui un expert mondial des énergies renouvelables à l'Institut de l'environnement de l'Université du Minnesota. En corrélant le niveau de l'exposition sur 24 heures avec la tension artérielle des participantes, Baumgartner et son équipe concluent à l'association entre des niveaux élevés de pollution de l'air intérieur avec une tension artérielle significativement plus élevée chez les femmes âgées de 50 ans et plus.

Les petites particules de pollution augmentent la tension artérielle sur le court terme, en stimulant le système nerveux à la constriction des vaisseaux sanguins. À long terme, les particules peuvent causer un stress oxydatif, qui augmente également la tension artérielle. D'autres études ont montré que les cuisinnières ou modes de chauffage améliorés ou à base d'énergie plus propres peuvent réduire la pollution de l'air intérieur de 50 à 75%. Dans cette étude, que la réduction du niveau de pollution s'avère également liée à une réduction de la tension artérielle systolique. Des changements qui, à l'échelle de toute une population aurait un impact significatif en Santé publique avec une réduction du risque de maladies cardiovasculaires.

Une réduction qui se traduirait par une diminution des événements cardiovasculaires, de 18% de l'incidence des maladies coronariennes et d'une diminution de 22% des AVC, ici chez les femmes asiatiques âgées de 50 à 59 ans. En bref, de nouveaux modes de combustion à énergie plus propres pourraient épargner la vie de plus de 230.000 femmes chinoises chaque année. Parce que les biocombustibles sont également la source principale d'énergie pour plus de 2 milliards de personnes dans le monde, des carburants plus propres pourraient apporter d'importants bénéfices cardiovasculaires dans le monde entier.

Cette étude est la première qui lie l'exposition personnelle à la pollution de l'air intérieur aux changements de tension artérielle. Considérant que quelques milliards de personnes sont exposées, cela représente une découverte extrêmement importante de santé publique.