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Maladie COELIAQUE et sensibilité au gluten: Ce qu'il faut savoir

Actualité publiée il y a 4 années 2 mois 1 semaine
BMJ

La prévalence de la maladie cœliaque a augmenté au cours des dernières décennies et est actuellement d'environ 1%. De nombreuses recherches ont porté sur le gluten, un facteur contribuant à toute une variété de troubles et maladies, et l’existence fréquente d’une sensibilité au gluten en l'absence de la maladie cœliaque. Cet examen de la littérature, publié dans le British Medical Journal nous propose un bilan sur les facteurs de risque, le diagnostic et la gestion de la maladie, et de la sensibilité au gluten.

En fait, la plupart des personnes atteintes par la maladie cœliaque ne sont pas diagnostiquées, rappellent en préambule, les auteurs du Celiac Disease Center, Columbia University (New York) et de la Karolinska University (Suède). La prévalence annoncée de la maladie pourrait ainsi être bien plus élevée. Une maladie auto-immune qui entraîne de multiples symptômes handicapants, à la fois intestinaux et extra-intestinaux et une augmentation des risques de cancer, dont de lymphome non hodgkinien et d'adénocarcinome intestinal, et, finalement un risque de décès accru de 40%. La prévalence de la maladie cœliaque aurait quadruplé ou même quintuplé au cours des 50 dernières années, et la raison de cette augmentation reste inconnue, l'hypothèse de l'hygiène est une nouvelle fois suggérée. A cette incidence accrue du diagnostic de maladie cœliaque, s'ajoutent les nombreuses personnes sensibles au gluten.


Une incidence linéaire avec l'âge : la maladie cœliaque peut se développer à tout âge. Plusieurs études suggèrent que l'incidence du diagnostic de la maladie cœliaque augmente de manière continue depuis les années 1950, atteignant aujourd'hui près de 20 pour 100.000 années-personnes.

Les facteurs de diagnostic et de risque :

· un profil génétique spécifique, également condition préalable pour le diagnostic,

· l'exposition au gluten et les modes d'alimentation infantiles,

· d'autres facteurs environnementaux

· la prise de conscience de la maladie (chez les patients et les médecins)

· le mode de détection (selon les pays) et l'évolution des critères diagnostiques, cependant commentent les auteurs, les seuls critères d'évolution des techniques de tests et de détection ne suffisent pas à expliquer la hausse d'incidence de la maladie : il faut chercher dans les facteurs environnementaux…

Les facteurs de risque environnementaux : Les facteurs non génétiques sont majeurs dans le développement de la maladie cœliaque. Car même chez les (vrais) jumeaux monozygotes, la concordance est seulement d'environ 85%.

· Les recommandations ou les usages d'alimentation du nourrisson : En Suède, « l'épidémie » de la maladie chez les nourrissons ayant coïncidé avec un changement dans les recommandations d'alimentation et du moment d'introduction du gluten, de la quantité recommandée à l'introduction, des modes d'allaitement au moment de cette introduction, les auteurs suggèrent l'importance de ce facteur alimentaire, même si, en revanche d très nombreuses études ont échoué à confirmer une association mode d'allaitement et développement de la maladie cœliaque.

· L'exposition périnatale : une légère association entre une césarienne et la maladie cœliaque a été identifiée en cas de césarienne élective. Cette procédure pourrait avoir un effet sur les bactéries du microbiote intestinal du bébé qui pourrait médier le risque de maladie.

· les infections : comme dabs le cas d'autres maladies médiées par le système immunitaire, comme le diabète de type 1, les infections virales ont parfois été liées à la maladie cœliaque, mais la preuve d'un déclenchement viral n'est pas concluante. L'exposition à l'infection gastro-intestinale en début de vie et à l'âge adulte a cependant été retenue comme liée au développement de la maladie. Une étude américaine suggère que la colonisation gastrique par Helicobacter pylori pourrait, en revanche, protéger contre le développement de la maladie.

· le tabagisme : les données sur ce facteur ne sont pas concluantes.

· les médicaments : Des médicaments tels que les inhibiteurs de la pompe à protons et les antibiotiques (on retrouve encore ici le rôle médiateur du microbiote) ont été liés au développement de la maladie, des données qui doivent être interprétées avec prudence, car certains de ces médicaments peuvent avoir été donnés en réponse aux symptômes causés par la maladie !

Les facteurs génétiques, « légers » mais certains : La pathogenèse de la maladie cœliaque implique les gènes de prédisposition (HLA-DQ2 et HLA-DQ8). Cependant, ces facteurs génétiques ne suffisent pas à déclencher le développement de la maladie.

L'importance du « dépistage » : Alors que la maladie cœliaque peut se manifester à tout âge et se présente rarement comme un syndrome de malabsorption avec des symptômes aigus comme la diarrhée ou l'œdème, son mode de détection est primordial.

· Chez l'enfant, ses principaux signes sont des douleurs abdominales récurrentes, des problèmes de croissance (retard de croissance et une petite taille). La diarrhée ne se produit que dans 10% des cas et plutôt chez le petit enfant. Le dépistage est important au sein des familles à histoire de maladies auto-immunes ou de maladie thyroïdienne.

· Chez les adultes, si la diarrhée incite aux tests de la maladie cœliaque, ce n'est pas le symptôme le plus fréquent de la maladie. Les symptômes fréquents ne sont pas classiques : il s'agit de l'anémie, l'ostéoporose, la dermatite herpétiforme, des douleurs abdominales ou neurologiques ou de problèmes psychiatriques, de l'infertilité, la stomatite aphteuse et de carences vitaminiques. On l'aura compris, aucun symptôme n'est réellement spécifique ou « flagrant ».

Chez les adultes, comme les enfants, le dépistage des groupes à risque impliquera donc aussi les membres de la famille des personnes atteintes de maladie cœliaque, ainsi que les personnes atteintes de diabète de type 1, d'autres maladies auto-immunes, et du syndrome de Down.

La ré-introduction du gluten pour ré-induire la tolérance au gluten après diagnostic est à l'étude, avec déjà des preuves de concept de pouvoir « stopper » ainsi la maladie cœliaque mais sans savoir encore si cette inversion sera bien irréversible. Un vaccin est également en cours de développement.

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