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MÉDECINE RÉGÉNÉRATIVE: Des « vagins » cultivés en laboratoire pour la reconstruction vaginale

Actualité publiée il y a 5 années 7 mois 1 semaine
The Lancet

Les toute premières patientes au monde, 4 adolescentes, viennent de bénéficier d’une reconstruction vaginale à partir d’ingénierie tissulaire réalisée à partir de leurs propres cellules cultivées en laboratoire. Cette prouesse en médecine régénérative, qui présentée dans le Lancet, apparait d’ores et déjà comme un succès, ouvre une nouvelle option prometteuse de reconstruction vaginale.

Car plusieurs troubles peuvent nécessiter une reconstruction vaginale, les anomalies congénitales, des blessures, ou le cancer. Les techniques de reconstruction basées sur du tissu non-vaginal peuvent être associées à des complications, c'est pourquoi ces scientifiques du Tissue Engineering Laboratory du Children's Hospital Mexico et du Wake Forest Institute for Regenerative Medicine ont évalué le recours à l'ingénierie tissulaire pour reconstruire le vagin de 4 patientes atteintes d'aplasie vaginale entraînée par un syndrome se traduisant par l'absence congénitale totale ou partielle de vagin et d'utérus (mais avec des trompes et des ovaires normaux), le syndrome de Mayer-Rokitansky-Kuster-Hauser (MRKHS).


Un succès de long terme : Le Dr Anthony Atala, directeur de l'Institut Wake Forest Baptist Medical Center pour la médecine régénérative décrit ici comme une réussite de long terme, cette technique de reconstruction non seulement pour la reconstruction vaginale mais, plus généralement pour toute une variété de tissus et d'organes : Les jeunes patientes étaient âgées de 13 à 18 ans au moment des interventions chirurgicales, réalisées entre 2005 et 2008 et, aujourd'hui, plusieurs années après, les organes reconstruits fonctionnent normalement et tous les examens réalisés (IRM, biopsies…) ne parviennent plus à détecter de différence avec le tissu natif.

Plus important encore, les patientes bénéficient toutes d'une fonction sexuelle normale et d'une sexualité satisfaisante.

Un vagin reconstruit à partir d'une petite biopsie : Les structures d'organes ont été conçues en utilisant le muscle et les cellules épithéliales recueillies à partir d'une petite biopsie des parties génitales extérieures de chaque patiente. Les cellules ont été extraites des tissus, cultivées puis placées sur un matériau biodégradable en forme vagin, conçu pour s'adapter à chaque patiente.

5 à 6 semaines après la biopsie, les chirurgiens ont implanté cette structure dans le corps, les nerfs et les vaisseaux sanguins se sont reformés, puis le tissu vaginal.

Ces travaux suivent l'ingénierie en 1998, par la même équipe, de vessies de remplacement implantées chez 9 enfants puis l'ingénierie d'urètres implantés avec succès chez de jeunes garçons.

Ici, cet essai n'a été mené que chez 4 jeunes femmes, et les chercheurs souhaitent maintenant pouvoir élargir cette expérience clinique chez d'autres patientes et pouvoir la comparer en termes d'efficacité et de complications éventuelles, avec les procédures chirurgicales établies.

Dans cet essai, les chercheurs constatent, en conclusion, des variables structurelles et fonctionnelles normales chez les patientes et, l'absence de complications chirurgicales postopératoires à long terme.

Source: The Lancet 11 April 2014 doi:10.1016/S0140-6736(14)60542-0 Tissue-engineered autologous vaginal organs in patients: a pilot cohort study

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