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MICROBIOTE intestinal: Et si ces bactéries pouvaient nous faire maigrir?

Actualité publiée il y a 6 années 1 mois 3 semaines
Nature

De nombreuses études ont déjà suggéré le rôle clé du microbiote intestinal ou des 100.000 milliards de bactéries qui le compose. Le microbiote « peut donner faim » comme il peut contribuer à la perte de poids. Chef de file dans l’étude de ces bactéries vivant dans les intestins et de leur impact sur notre santé, l’Institut national de la recherche agronomique (INRA), avec son grand programme de recherche MetaHIT, livre dans la revue Nature, de nouvelles conclusions sur le rôle clé de ce microbiote. Les personnes ayant un microbiote intestinal moins diversifié seraient plus menacées d’obésité.

Ici, l'équipe de recherche de l'INRA fait le lien entre la richesse ou la diversité du microbiote intestinal et un certain nombre de mesures métaboliques. Le microbiote intestinal, une biomasse considérable de quelque 100.000 milliards de bactéries, de près d'un millier d'espèces vit en symbiose avec l'organisme humain. Son génome ou metagénome, mieux connu grâce au projet MetaHIT, est composé de 150 fois plus de gènes que le génome humain (3,3 millions contre 23 000).


Ici, l'analyse génétique des bactéries intestinales de 292 Danois montre qu'environ un quart d'entre nous ont jusqu'à 40% moins de gènes dans ce métagénome et de bactéries intestinales au sein de leur microbiote, que la moyenne. Cette réduction du nombre de gènes et de bactéries induit aussi une diversité moins riche de la flore intestinale et une surreprésentation des bactéries responsables d'inflammation. Plus précisément,

· la composition microbienne intestinale humaine de 123 sujets non-obèses et 169 personnes obèses diffère par le nombre de gènes microbiens intestinaux et par la richesse bactérienne.

· Les individus ayant une richesse bactérienne faible soit 23% de l'échantillon sont caractérisés par une adiposité plus marquée, une résistance à l'insuline et une dyslipidémie par rapport aux sujets à microbiote intestinal riche.

· Les personnes obèses à faible richesse bactérienne prennent plus de poids au fil du temps.

Les chercheurs se disent capables d'identifier, à 98%, à partir de l'analyse du microbiote intestinal les sous-groupes de personnes à risque accru d'évolution vers l'obésité ou autres troubles métaboliques.

Alors que les bactéries produisent des vitamines et des substances bioactives essentielles, renforcent notre système immunitaire, communiquent avec de nombreuses cellules nerveuses et productrices d'hormones dans le système intestinal, l'absence de richesse bactérienne induit des déséquilibres métaboliques qui vont accroître la risque de diabète de type 2 et de maladies cardiovasculaires et, accélérer la prise de poids.

Prendre soin de ses bactéries intestinales, c'est diversifier ses apports alimentaires, adopter un régime allégé en graisses et tenter de se préserver –ce n'est pas toujours possible- contre certains facteurs environnementaux comme l'exposition à certains microbes ou substances chimiques. En modifiant ses habitudes alimentaires, on peut réparer certains des dommages causés aux bactéries intestinales, expliquent les auteurs qui travaillent déjà, à préciser la meilleure façon de le faire. Avec un objectif, pour lutter contre l'obésité, caractériser les bactéries intestinales naturelles qui produisent des substances inhibant l'appétit et apprendre à les exploiter.

Source: Nature Doi:10.1038/nature12506 28 August 2013 Richness of human gut microbiome correlates with metabolic markers (Visuel Bactérie : DANONE RESEARCH / INRA – T. Meylheuc)

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