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MYOPIE en ASIE: Travailler à en perdre la vision

Actualité publiée il y a 8 années 5 mois 2 semaines
The Lancet

Cette édition spéciale du Lancet, du 5 mai, consacrée à l’ophtalmologie, donne toute son ampleur aux maladies de l’œil et aux troubles visuels mais aussi à l’absence de mesures de prévention en santé oculaire. Pour preuve, ces 285 millions de personnes malvoyantes dans le monde mais aussi cette prévalence stupéfiante, de 80 à 90%, de ce que les auteurs appellent la myopie « scolaire », en Asie orientale.

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Cataracte, glaucome, dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), rétinopathie diabétique, troubles de réfraction et maladies de la cornée pèsent de plus en plus lourd avec le vieillissement des populations et les épidémies de maladies chroniques facteurs de maladies ophtalmiques. Ainsi, la dégénérescence maculaire liée à l'âge reste une cause majeure de cécité dans le monde et, à terme, plus de 20% de la population mondiale pourrait avoir la maladie. Là encore, les maladies chroniques et les facteurs de mode de vie dont des facteurs évitables comme le tabagisme, la nutrition, jouent un rôle considérable dans le développement de la maladie.


Alors que cette édition souligne les grandes améliorations dans les traitements, comme celui de la DMLA (avec les anti-VEGF, ranibizumab, bevacizumab) ou la greffe de cornée ou encore les thérapies régénératives, ces traitements ne restent accessibles qu'à une minorité de pays riches. Ainsi, souligne le Lancet, 90% des personnes ayant une déficience visuelle vivent dans des pays en développement mais n'ont pas accès à la plupart des traitements. En Afrique, par exemple, rares sont les greffes de cornées entre rareté des donneurs, absence de chirurgiens qualifiés et équipements insuffisants.

La prévention des troubles visuels reste peu développée. C'est la question posée par l'énorme fardeau que représente la myopie dans les pays asiatiques et qui fait l'objet d'un état des lieux épidémiologique. Aujourd'hui, étant donnée sa prévalence, de 80 à 90% chez les étudiants du secondaire dans les villes de Chine, du Japon et de Corée du Sud, dont 10 à 20% de myopie sévère pouvant mener à la cécité, la myopie s'est imposée comme une priorité de santé publique en Asie orientale. Une prévalence qui reçoit plusieurs explications de la part de l'auteur, Ian Morgan, professeur à l'Université de Canberra (Australie) : Augmentation de la pression scolaire, modes de vie plus sédentaires avec temps d'écran prolongé mais aussi, dans une moindre mesure, spécificités éthiques génétiques. Si la proportion des facteurs génétiques et environnementaux reste à pondérer, les interventions et les mesures de prévention pour prévenir le développement de la myopie ou ralentir sa progression, restent encore à valider dans cette région du monde. Mais, même avec une prévention généralisée, concluent les auteurs, l'Asie de l'Est sera toujours confrontée, pour le siècle à venir, à un risque élevé de myopie, pour la population adulte.

Aux troubles ou à la perte de la vision, sont associés des effets dévastateurs sociaux et économiques. Cette édition du Lancet appelle donc à ouvrir au plus grand nombre, l'effort mondial et les fruits de la recherche.

Source: The Lancet, Volume 379, Issue 9827, 5 May 2012 doi:10.1016 /S0140-6736(12)60701-6 “Focusing on ophthalmology”, doi:10.1016/S0140-6736(12)60272-4 “Myopia” (Visuel The Lancet, vignette NIH)

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