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NEURO: Nous sommes des multitâches innés!

Actualité publiée il y a 9 années 11 mois 1 semaine
Neuron

Cette équipe de McGill spécialisée en neurophysiologie cognitive nous explique que nous sommes naturellement multi-tâches. Mais comment notre cerveau traite-t-il une situation "multi-tâches" intense? Comment divisons-nous notre attention sur plusieurs « focus » ? Commutons-nous rapidement entre plusieurs centres d’intérêts ou pratiquons-nous un "zoom arrière" pour tout analyser simultanément? Réponses dans l’édition du 22 décembre de la revue scientifique Neuron.

Julio Martinez-Trujillo, expert en neurophysiologie cognitive de l'Université McGill, auteur principal de l'étude et son équipe se sont penchés sur la question et constatent pour la toute première fois, que sommes réellement capables de prêter attention à plus d'une chose à la fois simultanément.


«Dans un contexte multi-tâches où nous devons analyser plusieurs situations, notre attention visuelle était décrite comme un" zoom " qui passe d'un objet à l'autre», explique Martinez-Trujillo. «Ces modes d'action de l'attention sont problématiques parce qu'alors notre zoom inclut non seulement les centres d'intérêt, mais aussi ce qu'on pourrait appeler des distracteurs. Ainsi, nous gaspillons nos ressources de traitement en analysant des informations non pertinentes. Et quand un seul projecteur saute d'un objet à l'autre, il y a une limite à sa vitesse et à la manière dont le cerveau peut accueillir cette succession d'informations. Et si nous partons de l'idée que l'attention fonctionne comme un projecteur unique, nous devons accepter l'idée que le multi-tâches n'est pas une capacité qui s'intègre naturellement à notre architecture cérébrale "

Ca « marche » avec les singes ! L'équipe a donc enregistré l'activité des neurones simples dans le cerveau de deux singes tandis que les animaux se concentraient sur deux objets plus un objet tiers dit «distracteur». Les enregistrements des neurones montrent que même chez le singe, l'attention peut être divisée en deux «spots» correspondant à des objets pertinents et être capable d'exclure l'objet distracteur.

Conséquences de cette constatation: Notre cerveau a évolué pour être capable de se concentrer sur plus d'un objet à la fois et donc nous confère cette capacité multi-tâches", conclut Martinez-Trujillo. Bien sûr il y a des limites, mais nos cerveaux ont cette capacité. Les chercheurs constatent, mais c'est logique, que faire la différence entre objets pertinents et distracteurs est plus aisé lorsque les distracteurs sont très différents des objets pertinents. L'exemple donné par le chercheur est celui d'une équipe de hockey où la couleur des maillots permettra aux joueurs de mieux appréhender les situations de jeu.

L'équipe prépare une nouvelle « génération » d'expériences pour explorer les limites de notre capacité multi-tâches et regarder de plus près comment la similitude entre les objets affecte ces limites et comment ces variables peuvent être intégrées dans un modèle quantitatif.

Source: Neuron Volume 72, Issue 6, 1067-1079, 22 December 2011 doi:10.1016/j.neuron.2011.10.013 “Multifocal attention filters out distracter stimuli within and beyond receptive field boundaries of primate MT neurons”. (Visuel © Lasse Kristensen - Fotolia.com)

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