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OBÉSITÉ et grossesse : Plus de grossesses prolongées, plus d'accouchements déclenchés

Actualité publiée il y a 9 années 3 jours 22 heures
British Journal of Obstetrics & Gynaecology

Cette étude menée par des chercheurs de l'Université de Liverpool et de l'Université de Warwick et financée par le Wellcome Trust conclut que les femmes atteintes d’obésité sont plus susceptibles d'avoir une grossesse prolongée, un déclenchement artificiel du travail et d’accoucher par césarienne. Néanmoins, 70% d’entre elles accoucheront par voie normale. Des conclusions publiées dans l’édition en ligne avancée du British Journal d'obstétrique et de gynécologie (BJOG).

L'obésité a été associée à d'autres problèmes pendant la grossesse, telles que le diabète gestationnel, non évalué dans cette étude. C'est pourquoi il est aussi recommandé aux femmes de maintenir ou regagner un poids normal avant d'envisager une grossesse. Plusieurs études antérieures ont déjà démontré que l'obésité est un facteur de risque de grossesse prolongée.


Cette étude cohorte rétrospective, basée sur les dossiers obstétricaux de 29.224 femmes qui ont donné naissance à des bébés entre 2004 et 2008, a souhaité vérifier ce point ainsi que l'augmentation du taux de déclenchement artificiel du travail dans la population des femmes obèses. Elle a également cherché à savoir si les femmes obèses « déclenchées » avaient un risque accru de complications pendant l'accouchement et pour elles et pour leur nouveau-né. 3.076 femmes ont nécessité u déclenchement artificiel du travail pour cause de grossesse prolongée (41 semaines de grossesse + 3 jours). Le protocole de l'hôpital pour le déclenchement du travail était le même chez les femmes obèses et non obèses.

L'analyse des données des 29.224 femmes suggère :

· une tendance à une grossesse plus longue avec l'augmentation de l'IMC au début de la grossesse. La durée moyenne de la grossesse variait de 281 jours pour les femmes en insuffisance pondérale à 287 jours pour les femmes atteintes d'obésité morbide.

· La grossesse est prolongée chez 30% des femmes obèses (32,4% en cas d'obésité simple et 39,4% en cas d'obésité morbide), à comparer à 22,3% des femmes de poids normal.

· Les femmes obèses ont 50% plus de risque d'avoir une grossesse prolongée (odds ratio 1,52, IC 95% 1,37 à 1,70).

Sur les 3.076 femmes « déclenchées »,

· 22% étaient obèses, 29% étaient en surpoids, 43% avaient un poids normal et 6% avaient un poids insuffisant.

· 76,4% ont eu un accouchement par voie vaginale, donc environ un quart des femmes par césarienne. Lorsque classées en fonction de leur IMC, 28,8% des femmes ayant une césarienne étaient obèses et 18,9% avaient un poids normal.

· Les femmes à IMC plus élevé sont plus à risque de césarienne, et à risque accru s'il s'agissait de leur premier bébé (38,7% des femmes obèses ayant leur premier enfant ont subi une césarienne comparativement à 23,8% des femmes de poids normal).

L'étude ne suggère pas d'association entre IMC et longueur du premier stade du travail, hémorragie post-partum, déchirure, faible pH du sang de cordon, faibles scores d'Apgar…

Conclusions : Un IMC élevé de la mère au début de la grossesse est associé à un risque accru de grossesse prolongée nécessitant le déclenchement du travail. Cependant, plus de 60% des femmes obèses ayant leur premier enfant accouchent par voie vaginale. Les complications du travail chez les femmes ayant des grossesses prolongées sont comparables entre femmes obèses et les femmes de poids normal.

Le déclenchement artificiel du travail en cas de grossesse prolongée reste une "option de gestion raisonnable et sans danger" pour les femmes obèses, concluent les auteurs.