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OBÉSITÉ: Transformer la mauvaise graisse en énergie

Actualité publiée il y a 5 années 7 mois 2 semaines
Nature Cell Biology

Ces scientifiques de Zurich montrent pour la première fois que les cellules adipeuses brunes et blanches, présentes dans un organisme vivant peuvent être converties d'un type de cellule à l'autre. Leur étude, menée sur la souris, fournit ainsi des indices importants sur l'origine des cellules adipeuses brunes, une voie possible et de plus en plus suivie, de développement de thérapies efficaces contre l'obésité. Leurs conclusions sont publiées dans la revue Nature Cell Biology.

Ces dernières années, les recherches contre l'obésité, menées sur la piste de la graisse brune sont nombreuses. Rappelons, · cette précédente étude, publiée en 2012 dans la revue Cell qui identifiait une protéine, la BMP8B, de régulation de la thermogenèse de la graisse brune · cette autre étude, publiée dans Nature Medicine qui suggère de bloquer le métabolisme de la vitamine A pour favoriser la conversion graisse blanche/brune · et enfin, cette récente étude, publiée dans Nature Communications qui identifie un nouvel « interrupteur » capable de déclencher cette combustion des graisses.


Toutes les graisses ne sont pas identiques, rappellent les auteurs. La graisse abdominale contient des cellules adipeuses blanches qui vont stocker les calories en excès. La graisse est stockée sous la forme de gouttelettes de lipides, qui sont mobilisées lorsque de l'énergie est nécessaire. Les adipocytes bruns vont, a contrario, brûler l'énergie en excès. Les nouveau-nés possèdent d'importantes quantités de graisse brune et l'utilisent pour maintenir leur température corporelle. Mais les adipocytes bruns existent aussi chez les adultes. Augmenter le nombre d'adipocytes bruns et leur activité chez les personnes atteintes d'obésité leur permettrait de brûler les calories excédentaires et donc de perdre du poids.

Les adipocytes blancs se transforment en bruns et vice et versa : Les humains –comme les souris- peuvent s'adapter à des températures froides en produisant des cellules adipeuses brunes au sein de leur graisse blanche. Ces cellules sont appelées cellules graisseuses et sont moins fréquentes à des températures plus élevées. Cependant, l'origine de ces adipocytes bruns spéciaux a fait l'objet de plusieurs hypothèses, la principale étant que les cellules « brite (pour brown-in-white)» sont formées à partir de cellules précurseurs et s'éliminent lorsqu'elles ne sont plus nécessaires. Ici, les chercheurs ont généré des modèles de souris leur permettant de marquer génétiquement les différents types de cellules adipeuses. Les souris ont été maintenues à 8 ° C pendant une semaine et puis à température ambiante normale. Au cours de l'exposition au froid, les souris ont formé leurs adipocytes bruns dans leurs dépôts de graisse blanche, puis, à température normale, le tissu adipeux s'est à nouveau « blanchi ». En suivant leurs marqueurs génétiques les scientifiques montrent que les adipocytes blancs peuvent se transformer en cellules adipeuses brunes et vice et versa. Si ce résultat intervient chez la souris, il est probable que le même processus se produise chez l'homme, dans les mêmes conditions de température.

Convertir les adipocytes blancs en bruns est donc bien possible, mais reste à savoir comment manipuler ce processus soit par des moyens pharmacologiques, soit nutritionnels. Alors que les thérapies anti-obésité sont plutôt basées sur le contrôle de l'appétit et le mode d'absorption des nutriments, l'approche « graisse brune » ouvre une 3ème voie possible, en favorisant la dépense d'énergie.

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